Sommaire de la page :
- Les infos clés de la HRP
- La Haute Route Pyrénéenne, une itinérance dans les Pyrénées sauvages
- Ressources pour préparer sa HRP
- Parcourir la Haute Route Pyrénéenne seule, mon retour d’expérience
- Marcher en montagne en tant que femme
- Carnet de route | La HRP jour par jour
Les infos clés de la HRP

La Haute Route Pyrénéenne, une itinérance dans les Pyrénées sauvages
Certains l’appellent Haute Randonnée Pyrénéenne, d’autres Haute Route Pyrénéenne. Si on la suit d’est en ouest, on la nommera aussi Trans’Pyr. Son itinéraire a été pensé par Georges Véron, qui a publié un premier topo dans les années 70. Aujourd’hui, de multiples tracés existent. Il n’y a pas une seule HRP, mais de multiples variantes : au randonneur de construire son chemin.
L’itinéraire suit souvent des chemins non balisés, évolue hors sentier fréquemment, et emprunte des passages difficiles, techniques ou exposés. Contrairement aux GR 10 et 11, la HRP évite les vallées et reste en majorité loin des foules. Il s’agit d’une itinérance dans des lieux sauvages et souvent reculés. Il faut s’attendre à ne pas pouvoir capter de réseau téléphonique pendant plusieurs jours d’affilée lors de certaines sections.
Personnellement, j’ai globalement suivi les étapes du topo guide le plus récent, celui de Marie Millet. Celui-ci est découpé en 40 étapes, et contient beaucoup d’infos stratégiques sur les possibilités de ravitaillement, quelques lieux de bivouac conseillés, etc.
NB : En dehors des guides déjà cités ici, on m’a beaucoup parlé du guide en anglais de la HRP. Il contient beaucoup d’infos très intéressantes sur les variantes, sur les sommets annexes à faire en bonus, et sur les sources et lieux de bivouacs. Si je devais refaire la HRP, je le potasserais probablement avant de partir. A noter que j’ai aussi croisé deux personnes avec une version pdf d’un autre guide en anglais (gratuit ou piraté ?), qui avait l’air très complet aussi.
Il existe déjà de très nombreuses ressources sur la HRP alors je ne compte pas réinventer la roue, simplement transmettre ici le récit de ma propre traversée. J’avais personnellement très peu préparé mon aventure, j’y pensais vaguement depuis un moment mais je ne me suis vraiment décidée que dans la semaine qui a précédé mon départ. Je suis donc partie avec le topo de Marie Millet acheté trois jours avant, 2 ou 3 traces GPX téléchargées sur mon téléphone et quelques onglets de blog ouverts sur mon appli internet. Probablement pas la préparation optimale, mais j’avais confiance en ma forme physique, en ma connaissance de la montagne et surtout en ma capacité à renoncer en cas de difficulté.
Ressources pour préparer sa HRP
En dehors des guides déjà mentionnés, je vous recommande chaudement de consulter certains de nombreux blogs et forums consacrés à la HRP. J’ai découvert avec un grand plaisir que de très nombreux randonneurs étaient des utilisateurs de randonner-leger.org, ma bible personnelle. De très nombreux récits sont présents, accessibles facilement à partir de cette page.
En complément, je me suis pas mal aidée du blog de Franck et de celui de Mariano (topos très clairs, utiles notamment pour estimer la difficulté de certains passages).
Vous trouverez sans souci de multiples ressources en ligne, et je trouve qu’il est assez aisé de partir sans avoir tellement bossé l’itinéraire. Certains préfèreront préparer leur voyage pendant des mois, d’autres non : les deux sont possibles. Qu’on aille d’ouest en est ou le contraire, la HRP commence par plusieurs jours de marche sans aucune difficulté et avec un plutôt bon accès à du réseau (pour peu que vous réussissiez à économiser votre batterie de téléphone) : vous pourrez donc vous renseigner en cours de route. Partir avec quelques traces GPX et des cartes accessibles hors ligne, éventuellement un guide écrit, me semble suffisant.
Surtout, on apprend beaucoup en discutant avec les habitants que l’on rencontre, ainsi que les randonneurs. Personnellement, j’ai énormément appris en parlant aux HRPistes rencontrés au fur et à mesure : quelles variantes feraient-ils ? Quelle découpe d’étapes avaient-ils prévu ? Où comptaient-ils se ravitailler ? etc. Beaucoup de choses sont difficiles à prévoir, et je trouve agréable de ne pas trop préparer et de laisser de la place à la spontanéité.
Finalement, les deux outils que j’ai le plus utilisés sur cette HRP, ce sont d’autres randonneurs qui me les ont conseillés lors de mes premiers jours de marche :
- L’application Mapy.cz (à ne pas confondre avec Mappy), qui contient une trace intégrée de la HRP (super pratique et correspond quasi entièrement au topo de Marie Millet). J’avais déjà Outdooractive premium, mais j’ai trouvé Mapy.cz vraiment top. Le détail ultime : la possibilité de router des itinéraires en mode hors ligne (à ma connaissance impossible sur Outdooractive). Ça m’a été incroyablement utile tout au long du mois.
- La “trace d’Antoine”, dispo au téléchargement sur le blog de Franck : une trace très détaillée avec plein de “pins” pour les sources d’eau, les ravitos, les spots potentiels de bivouac, etc. Ultra utile.
Parcourir la Haute Route Pyrénéenne seule, mon retour d’expérience
J’ai entamé ma HRP plutôt mal préparée, mais je savais que j’étais au top de ma condition physique, en revenant de 3 mois dans l’ouest des Etats-Unis entièrement consacrés à la randonnée. J’avais confiance en ma connaissance du milieu montagnard, et surtout je sais que je ne suis pas du genre à m’obstiner quand la route devient trop difficile pour moi.
Finalement, j’ai trouvé que la HRP n’était pas si dure techniquement. Ce que j’ai par contre trouvé très difficile, c’est de réussir à anticiper et gérer les importants efforts physiques requis par la HRP, et cela sur un mois en continu. J’ai eu un gros gros passage à vide sur une dizaine de jours, entre Parzan et Alós d’Isil. Je me sentais mal, épuisée mentalement et physiquement. Je me suis cassée la figure deux fois, par fatigue, dont une fois un peu méchamment (j’y ai laissé la peau d’une fesse entière sur un rocher …).
N’ayant pas l’habitude de fournir des efforts physiques aussi soutenus et surtout en continu, j’ai compris en discutant avec d’autres HRPistes ma principale erreur : ne pas avoir suffisamment adapté mon alimentation. Je me suis rendue compte que je ne mangeais pas du tout assez, en comparaison avec les calories dépensées chaque jour sur les sentiers. J’ai commencé à manger beaucoup plus et surtout à manger des aliments avec un rapport kcal/poids optimal (en particulier beurre de cacahuète et huile d’olive ajoutés en bonne quantité à tous mes repas), et je me suis rapidement sentie en bien meilleure forme.
Si je pouvais revenir en arrière, il y a une seconde chose que je changerais : mon obstination à finir à tout prix. J’avais un temps limité pour arriver à Banyuls, car j’avais rendez-vous début août dans le Queyras avec mon compagnon pour finir la TransAlpes. J’ai donc été beaucoup pressée sur la HRP, n’ai pas pris le temps de faire certaines variantes ou jolis sommets annexes, ni le temps de faire des pauses. Surtout, je suis arrivée un peu cramée à Banyuls, et après seulement 3 jours de repos, j’ai commencé la TransAlpes partie 2 dans un état de fatigue conséquente.
Si j’avais déjà l’habitude de me balader seule, en montagne ou non, je n’avais jamais été confrontée à la solitude de cette manière. Si j’ai beaucoup croisé de HRPistes avec lesquels j’ai sympathisé, j’ai aussi vécu de longues périodes de solitude. Celles-ci, par hasard ou non, ont coïncidé avec mon passage à vide en milieu de traversée. La solitude renforce le caractère sauvage et reculé de la HRP, mais elle peut être parfois difficile à porter.
Marcher en montagne en tant que femme
Enfin, un dernier point que je souhaite aborder est le fait de marcher en montagne en tant que femme. J’aborderai probablement le sujet dans un article plus en profondeur, mais j’ai été plusieurs fois rebutée par la manière dont j’étais dévisagée, de la tête aux pieds, par le regard appuyé de certains hommes (et de tout âge …).
La montagne peut d’après moi être un lieu formidable d’émancipation pour les femmes. Grâce à elle, j’ai appris à avoir confiance en moi, à considérer mon corps comme un outil fabuleux et pas seulement comme un poids, à être extrêmement autonome et déterminée. Et en même temps, comme tous les lieux, la montagne est pétrie de paternalisme et de sexisme. Je ne compte plus le nombre d’hommes, croisés sur la route, qui m’ont mansplain mon chemin (alors qu’ils faisaient une petite rando à la journée versus moi une traversée de 700 km). Ou ceux, qui m’ont mise mal à l’aise à l’idée de poser ma tente pas loin d’eux.
Je n’ai pas été vraiment inquiète sur mon mois de traversée, mais ça me met dans une rage terrible d’imaginer que même en allant dans les coins les plus reculés on se fait embêter. Alors oui, on a plus de chance de se faire emm*rder dans le métro qu’au bord d’un lac de montagne. Et oui, il ne faut certainement pas que ça empêche les femmes de développer leur pratique dans les milieux montagnards. Les femmes ont leur place en montagne. Sur un mois, je n’ai rencontré que deux femmes qui faisaient, comme moi, la HRP seules. Mais c’est déjà beaucoup plus, à entendre le discours des gardiens de refuge, qu’il y a quelques années. Alors partons en montagne, réapproprions-nous les chemins, osons dormir seules en bivouac au milieu de nulle part.
Carnet de route | La HRP jour par jour
Jour 1 : D’Hendaye au Col de Lizuniaga
Jour 2 : Du col de Lizuniaga à Elizondo
Jour 3 : D’Elizondo aux Aldudes
Jour 4 : Des Aldudes au refuge d’Azpegui
Jour 5 : Du refuge d’Azpegui au chalets d’Iraty
Jour 6 : Des Chalets d’Iraty au Refuge de Belagua
Jour 7 : Du Refuge du Belagua aux Cabanes d’Ansabère
Jour 8 : Des Cabanes d’Ansabère à Candanchu
Jour 9 : De Candanchu au Refuge de Pombie
Jour 10 : Du Lac de Pombie au Ibon de las Ranas
Jour 11 : De l’Ibon de las Ranas à la plaine du Vignemale
Jour 12 : De la plaine du Vignemale à Gavarnie
Jour 13 : De Gavarnie au Cirque de Troumouse (Auberge du Maillet)
Jour 14 : Journée d’orage et de repos à l’Auberge du Maillet
Jour 15 : Du Cirque de Troumouse à la Cabane de Barrosa
Jour 16 : De la Cabane de Barrosa au camping El Forcallo
Jour 17 : Du camping El Forcallo au Camping Aneto
Jour 18 : Acte manqué au camping Aneto
Jour 19 : Du camping Aneto à l’Estany Gran d’Anglios
Jour 20 : De l’Estany Gran d’Anglios au Refugio de la Restanca
Jour 21 : Du Refugio de la Restanca à Salardú
Jour 22 : De Salardú à Alós d’Isil
Jour 23 : D’Alós d’Isil au refuge Bordes de Graus
Jour 24 : Du refuge Bordes de Graus au Pla de Baiau
Jour 25 : Du Pla de Baiau à Arinsal
Jour 26 : Du Pas de la Case à l’Estany Negre
Jour 27 : De l’Estany Negre au Pla de la Beguda
Jour 28 : Du Pla de la Beguda au refugi d’Ulldeter
Jour 29 : Du refugi d’Ulldeter au refuge des Cortalets
Jour 30 : Du refuge des Cortalets à Amélie-les-Bains
Jour 31 : D’Amélie-les-Bains au Perthus
Jour 32 : Du Perthus à Banyuls-sur-Mer