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Premier réveil sous la tente de cette traversée, j’ai trop bien dormi et je suis prête à bien dérouler sur les sentiers faciles jusqu’à Elizondo. Au départ du col de Lizuniaga, je croise deux retraités espagnols super sympas avec qui je baragouine pendant une bonne heure. J’ai du mal à retrouver mes mots en espagnol, ça fait bien 10 ans que je n’ai pas l’occasion de le parler, mais finalement au cours de la HRP ça va bien revenir ! Ils ne connaissent pas la HRP et me mansplainent gentiment que je suis sur le GR11 et que je vais pas réussir à en arriver à bout en un mois. Ils sont marrants et je suis ravie de discuter, alors j’insiste pas sur mon itinéraire et on marche ensemble jusqu’au col de Lizzarietko.
Je comptais m’acheter un sandwich ici mais c’est raté, les auberges n’ouvrent qu’à 9h30 et je n’ai pas envie d’attendre (il y a par contre des toilettes propres ouvertes et des robinets). Tant pis, j’utiliserai un précieux lyophil à midi. Je me trompe de chemin un peu après le col, par flemme un peu bête de sortir mon topo du sac, mais je récupère la HRP quelques kilomètres plus loin.
Il fait de plus en plus chaud, et je commence à avoir vraiment peur de ne pas avoir pris assez d’eau. Je n’ai plus croisé une seule source depuis un moment, et comme je mange mon lyophil à midi je dois utiliser un peu de mon eau. J’aurai peut-être dû m’arrêter à ce moment faire une pause plus longue à l’ombre, mais je me lance dans la montée vers les cols d’Atxuelako et de Larrondo malgré la chaleur étouffante. On dépasse les 40°C et le sentier est complètement exposé au soleil. On croise deux petits bosquets en chemin et quelques arbres isolés, je dois à chaque fois m’arrêter à leur ombre pour sentir ma température corporelle descendre légèrement.
J’ai tellement chaud et si peu d’eau, et je ne croise plus personne depuis déjà plusieurs kilomètre, je commence à un peu flipper. J’ai tellement entendu parler des risques de déshydratation pendant mes trois mois en Arizona et en Utah, et me voilà comme une idiote à pas avoir rempli mes gourdes à bloc à la dernière source. Pour ne rien arranger je lis actuellement un bouquin recensant les morts survenues au Grand Canyon, qui relate plein d’histoires de randonneurs assoiffés divaguant jusqu’à leur mort au fond du canyon. J’ai repéré deux cours d’eau derrière le col de Larrondo, je m’y accroche pour avancer.
Une fois passé le col, on descend rapidement, ô bonheur, dans un vallon très arboré et fabuleusement frais. Au bout d’à peu près un kilomètre, je tombe sur une cabane nichée au bord du sentier, dans un cadre idyllique : une fontaine coule à flot, et il y a de la belle herbe bien moelleuse à l’ombre. Je rince pour la première fois mon sun hoodie, qui me semble déjà bien sentir la sueur. Va falloir le mettre pendant un mois, j’espère que ça ne va pas être trop horrible !
Je reprends mon chemin vers Elizondo, en ayant en tête de m’arrêter un peu avant d’arriver en ville, sur une aire de repos avec eau et table que j’ai repéré sur la carte. Une fois arrivée là-bas, je suis obligée de changer de plan : une bonne trentaine de chevaux vont et viennent librement sur l’aire. Ils sont bien curieux et s’approchent pas mal, alors je décide de descendre en ville et de voir en chemin ce que je trouve pour installer la tente.



Finalement rien de bien adapté jusqu’à Elizondo, je ne trouve aucun spot plat par contre je me casse la figure en glissant sur un rocher et je m’amoche un peu la jambe. J’arrive en ville un peu fatiguée, et avec un look de bonne crado : les jambes pleines de terre et un mollet en sang. J’espérais un peu y trouver une aire de bivouac comme à Lizuniaga mais pas de bol, ça n’existe pas. L’office de tourisme me conseille de continuer vers les Aldudes ou de trouver un hôtel. J’aurais probablement pu dormir un peu à l’arrache en bordure de la ville mais étant une femme je ne suis pas archi rassurée à l’idée de camper proche de la civilisation, et il est encore un peu tôt dans ma HRP pour prendre la confiance sur mes lieux de bivouac. Je décide donc de me trouver une chambre quelque part, tant pis si je n’avais pas prévu de dormir dans du dur (et surtout dans du payant) si vite.
Je passe donc la soirée en ville, où la température reste suffocante même à la tombée de la nuit. Je fais un super ravito au Dia du coin, pas cher et plein de choix, et mange une gigantesque empanada au thon avec une bière. Je recroise quelques HRPistes ici avec lesquels je discute un peu. Après avoir fait deux semaines sur la transalpes l’an dernier en ne croisant que deux autres transalpistes, je m’attendais un peu à la même chose sur la HRP. Je commence à déjà me rendre compte qu’au contraire, le chemin a bien gagné en popularité depuis quelques années et que je vais croiser de très nombreux HRPistes au cours de mon mois de traversée !
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