HRP jour 4 : des Aldudes au refuge d’Azpegui

Panneaux GR12 HRP Compostelle

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Je me réveille de bon matin, avec l’envie de partir avant le mec creepy d’hier pour ne pas avoir à le recroiser sur les sentiers. Malheureusement sa tente n’est déjà plus là, j’ai plus qu’à espérer qu’il soit reparti dans l’autre sens. Je discute un peu avec deux HRPistes qui viennent de Banyuls et qui sont sur la fin de leur traversée, puis je me mets en route. 

Un brouillard épais recouvre les collines environnant les Aldudes, et je monte avec une visibilité très limitée dans les alpages. Pas de chance, je tombe rapidement sur l’homme d’hier. Je le dépasse en lui disant à peine bonjour, et je presse le pas histoire de ne plus le recroiser. 

Je croise pas mal de spots très correct pour bivouaquer sur le chemin, avec plusieurs replats herbeux pas trop loin de sources. C’est décidé, la prochaine fois que je ne le sens pas de dormir quelque part, j’essaierai d’aller un peu plus loin, après tout pas mal de spots peuvent se prêter à un bivouac rapide ! 

En descendant vers le col de Meharroztegi, je loupe vraisemblablement la sente qu’emprunte la HRP, et décide de suivre une courbe de niveau pour contourner l’Errola et récupérer le chemin quelque part. Je suis jusqu’à la taille dans la végétation trempée, c’est pas bien agréable et en même temps je suis contente, je me dis que je fais “le sanglier”, comme je l’avais lu sur les forums ! 

La journée est vraiment solitaire, je n’ai pas croisé une seule personne depuis le randonneur louche de ce matin, ça commence à me faire un peu bizarre. S’il faisait beau ce serait probablement plus sympa, mais mettre un pied devant l’autre dans le brouillard sans rien voir du paysage commence à devenir un peu rébarbatif au bout de 3 ou 4 heures. J’ai un petit coup de blues vers le sommet de Lindus, je me sens bien seule. 

Je fais une petite pause pour me changer un peu les idées, le temps de me faire chauffer un café et d’avaler une barre, puis je commence à descendre du petit sommet. On n’y voit toujours rien, mais je commence à croiser un peu de monde. Et puis une fois arrivée au Col de Roncevaux, c’est une vraie foule que je rejoins : la HRP rencontre ici un des chemins de Compostelle. 

Je croise énormément de pèlerins, j’hallucine totalement. Je ne savais pas du tout que le chemin était fréquenté à ce point là, c’est peut-être même pire que le TMB. Je dis pèlerins mais en fait il y a l’air d’avoir beaucoup de monde qui se balade à la journée, avec des tout petits sacs, voire rien du tout, et pas trop des looks de randonneurs. Il y a plein d’étrangers, je croise une bonne quinzaine d’états-uniens et plein de personnes asiatiques. Je repense à une fille que j’ai rencontré dans le train, qui venait de Corée juste pour passer une semaine sur le camino… Ça me dépasse un peu. 

Quelques kilomètres plus loin et une bonne vingtaine de “buen camino” plus tard, la HRP quitte le chemin de Compostelle et continue sa traversée d’alpages brumeux. Un peu avant d’arriver au refuge d’Azpegui, je commence à sentir des douleurs dans mon mollet droit. Le temps d’atteindre la cabane, une douleur aiguë s’est installée. J’y suis peut-être allée un peu fort en ce début de HRP, les dénivelés ne sont pas très importants mais je fais les étapes du topo, probablement un peu longue par rapport à mes habitudes de marche. 

Le refuge d’Azpegui

Je suis rejointe rapidement par le groupe de copains déjà croisé hier aux Aldudes, et aussi par Sophie, la HRPiste solitaire croisée à Hendaye. On discute pendant un bon moment des différentes variantes à venir, des récits qu’on a lu en ligne de précédentes traversées, de notre matos, etc. Je suis bien contente de sociabiliser un peu après cette journée très solitaire, ça me remonte le moral. On décide de marcher ensemble le lendemain, la météo devrait rester à la grisaille alors au moins ce sera sympa d’être à plusieurs !

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