HRP jour 8 : des Cabanes d’Ansabère à Candanchu

grande aiguille d'ansabère

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Nuit difficile : le patou nous a rendu une visite mouvementée vers 3h, en aboyant sur nos tentes à tour de rôle pendant une bonne heure. Je me lève la première, et décide de commencer à avancer seule : aujourd’hui j’ai prévu une petite magouille pour doubler deux étapes. Je vais descendre en Espagne sur le GR 11 pour viser Candanchu dès ce soir, plutôt que de suivre la HRP classique qui remonte vers le Refuge d’Arlet. 

A cette heure avancée, la brume recouvre tout et je commence ma journée sans rien voir du paysage. Comme nous étions arrivés hier sous un ciel couvert, je n’avais déjà pas pu voir les fameuses Aiguilles d’Ansabère. J’arrive rapidement au lac d’Ansabe, où paissent paisiblement quelques chevaux, et me retourne pour assister à un spectacle phénoménal. La Grande Aiguille d’Ansabère se découvre, une splendide face lisse de plusieurs centaines de mètres. J’en reste scotchée. Je repense à mon séjour récent à Yosemite, au fait d’avoir été légèrement déçue devant la vallée tant attendue et son Half Dome mythique. Ici, devant une formation dont l’existence m’était encore inconnue il y a quelques jours, j’ai le souffle coupé face à tant de beauté inattendue. Je monte très lentement vers la crête qui me fera basculer vers l’Espagne : comme aimantée par le paysage, je ne cesse de me retourner pour le contempler. 

Six mois après avoir complété ma traversée, la découverte des Aiguilles d’Ansabère reste pour moi le premier émerveillement de ma HRP. J’avais vu de beaux paysages avant, et en verrai de magnifiques bientôt, mais cette splendide face de la Grande Aiguille d’Ansabère qui se dégage des nuages reste l’un des plus beaux moments de mon mois de marche. 

La descente côté espagnol se fait très facilement, et j’arrive en fond de vallée à toute vitesse. Après avoir rempli mes gourdes, je me lance sur le GR 11. Au lieu d’emprunter le nouveau tracé du GR, qui longe le Rio Aragon Subordan par le nord, je suis d’anciens marquages, sans trop faire attention, qui me mène à une route goudronnée. Je m’y engage en espérant que le chemin s’en éloignera rapidement, mais il la suit en fait pendant 6 bons kilomètres. 

Un peu fâchée de mon erreur, et pas ultra impressionnée par le paysage non plus, je commence à me sentir déçue de mon astuce (prendre le GR 11 plutôt que la HRP). Je change rapidement d’avis en arrivant au niveau de la vallée du Humedal de Aguas Tuertas, qui est absolument splendide. Je pique nique sur un rocher pour profiter de la vue, puis remonte tranquillement la vallée avant de repasser en France au Pas de l’Escalé. C’est ici ma première incursion dans la Parc National des Pyrénées, où je rejoins vite la HRP classique. 

La journée commence à être un peu longue et ma douleur dans le mollet se réveille sérieusement quand mon chemin débouche sur une route. Il faut marcher sur le bord de la route pendant un petit kilomètre avant de pouvoir s’en éloigner (légèrement) mais de continuer à la longer. Un bruit de moteur se rapproche alors je me décide vite à tendre le pouce, et je suis prise par deux espagnols super sympas et très inquiets par mon entêtement à reprendre ma marche le lendemain malgré mes douleurs. 

Dans la voiture, j’avise des prix plutôt bas dans l’hôtel Snö Candanchu et un petit dej qui semble gargantuesque, alors je décide d’y aller plutôt que de viser l’auberge. De toute façon, je dois passer à Candanchu pour faire ravito à l’épicerie !

Le ravito est très décevant au vu des étagères peu achalandées, mais je n’ai pas d’autres possibilités alors je prends ce qu’il y a. C’est ma rencontre avec la pâté espagnol low cost « La Piara / Tapa Negra », qui va m’accompagner pendant une bonne partie de ma traversée et dont la vue me rendrait un peu malade aujourd’hui.

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