HRP jour 11 : de l’Ibon de las Ranas à la plaine du Vignemale

Vue sur la face nord du Vignemale

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Décidément, cette partie de la traversée est magnifique ! Cette journée sera probablement l’une des plus belles, si ce n’est la plus belle, de ma HRP. 

Je me réveille de bon matin, en pleine forme : j’ai l’impression que mes douleurs au mollet sont derrière moi. La HRP monte sur un joli chemin qui longe un torrent vers le Col de la Fâche et je me sens au top, j’avance à toute vitesse. Il est encore tôt quand j’arrive au lac qui précède le col, et je n’ai croisé personne. Mais se dresse devant moi un obstacle qui m’inquiète un peu. Un névé bien raide et assez conséquent occupe toute une partie de la montée vers le col, et je me sens peu sûre de moi. Si je glisse, je tombe direct dans le lac quelques dizaines de mètres plus bas, qui est visiblement très froid vu qu’il est encore en partie couvert de glace. Sans réseau et sans Garmin InReach ou autre PLB, je m’imagine (probablement trop rapidement) finir en hypothermie sévère … 

Je décide d’attendre au moins 15/20 minutes, voir si quelqu’un arrive. Quitte à glisser, j’aimerai autant que quelqu’un le sache. Sinon tant pis, j’essaierai de passer. Heureusement, trois espagnols arrivent au bout d’un quart d’heure et je fais le passage avec eux. Devant la raideur du névé, ils décident de le contourner par le haut, et on le dépasse en quelques minutes. Ouf, une première frayeur de passée ! 

Je les laisse au col et commence ma descente vers le Refuge Wallon Macadau. C’est assez long, mais le vallon m’enchante ! C’est très vert, l’eau coule à flot, je suis décidément sous le charme du Parc national. Je pique nique au abords du refuge super moderne le temps d’avaler un énième sandwich pata negra (qui commencent déjà à un peu me dégoûter), et j’entreprends la seconde ascension de la journée, vers les lacs d’Aratille et leur col. 

Si le vallon du Macadau m’avait déjà charmée, je garde un souvenir vraiment idyllique de cette montée. Le premier lac d’Arratille est très beau et je m’autorise une pause assez longue sur ses berges. Le chemin vers le second lac se perd rapidement dans un pierrier cairné. Je me trompe de cairn et suis obligée de rebrousser chemin. Mais je suis rassurée, pas de névés en vue ! L’expérience du matin m’a suffit pour la journée. 

Le passage entre le col d’Arratille et le col des Mulets est superbe. Indiquée comme légèrement difficile dans mon topo, je n’y vois pas trop de difficultés. C’est un beau chemin en balcon dans le pierrier, qui longe une ligne de niveau et offre une jolie vue sur un nouveau vallon avant de remonter vers le dernier col de la journée. Surtout, il offre une première belle vue du Vignemale et de sa face ouest. 

La descente du Col de Mulets vers la plaine du Vignemale se fait sans encombre : quelques névés mais sans risque ou très simples à contourner. Au tournant d’un des lacets qui descend vers la plaine, la vue s’ouvre soudainement sur la face nord du Vignemale. Après tant de splendeurs déjà décrites, je suis à court de superlatifs et pourtant c’est probablement avec les Aiguilles d’Ansabère l’une des vues qui m’a le plus marqué. J’y suis retourné en septembre, à peine un mois et demi plus tard, deux jours de suite, pour admirer cette montagne qui m’a tant impressionnée. 

Il y a beaucoup de monde qui a déjà posé la tente sur l’aire autorisée de bivouac (alors qu’il est tout juste 17h…), mais je trouve un spot super. Un peu caché derrière deux gros rochers, il dispose surtout d’un luxe exceptionnel : une sorte de chaise longue naturelle dans la courbe de l’un des rochers, avec vue sur la face nord du Vignemale. J’y passerai toute la soirée, absorbée par la contemplation de celle-ci. 

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