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J’ai bien dormi cette nuit et je me lève pleine de joie pour la première fois depuis de nombreux jours : c’est décidé, je continue ! Je ne me l’explique pas, j’avais probablement simplement besoin de dormir, de reconnecter avec des humains, et manger davantage. En tout cas, en me levant ce matin, c’est clair : je veux continuer à marcher, j’ai le temps devant moi alors je vais simplement moins me stresser sur l’impératif de finir la traversée et marcher parce que j’aime ça, par pour atteindre Banyuls à tout prix.
Je fais un coup de stop pour aller récupérer la HRP au Port de la Bonaigua, et commence l’une des très belles journées de la traversée. Je ne croiserai quasiment personne aujourd’hui, l’ambiance est sauvage, et toute une partie du tracé se fait en hors sentier : un parfait combo pour re-rentrer en pleine forme sur la HRP.
Attention, très peu d’eau sur cette journée, c’est l’une des premières fois où ma stratégie minimaliste de port d’eau m’a joué des tours ! A part l’eau pas très claire des lacs et de quelques très rares sources qui les alimentent faiblement mais coulent lentement et se chargent donc de pas mal de saletés, rien de propre à boire avant la cabane d’Airoto. Avec un filtre ça passe évidemment mais simplement il n’y a pas beaucoup de cours d’eau donc bien se servir quand on en croise !
La journée se fait sans croiser personne, dans un environnement minéral assez sauvage et en grande partie sur des champs de blocs sporadiquement balisés (où alors j’en ai loupé ?). Je me perds à deux reprises entre l’Estany de Garrabea et le col d’Airoto mais finit par retrouver des balises en suivant grosso modo les courbes de niveau, ce que me semble faire aussi la HRP.
La cabane d’Airoto est vraiment mignonne et bien aménagée, mais je décide de pousser jusqu’au refuge d’Alos d’Isil pour dormir. Après tout c’est mon premier jour de reprise “sereine” de la HRP, j’ai bien envie de finir la journée par un gros repas et par des discussions avec d’autres randonneurs pour ne pas retomber immédiatement dans la solitude !





Encore un peu de montée hors sentier vers le Collada del Clot de Moredo, puis la descente se fait assez tranquillement et longuement vers Alos d’Isil. Alors que je parcours de longues pentes herbeuses, quelques kilomètres avant le village, je me sens pousser des ailes et accélère pour arriver vite au refuge. Grave erreur, je glisse sur les herbes grasses et tombe de tout mon poids sur un bon rocher caché sous la végétation : j’y laisse la peau de ma fesse droite, entièrement arrachée par l’âpreté de la roche !
Une fois les saignements arrêtés, j’aurais le droit à un bleu de l’enfer qui va teinter de noir l’intégralité de ma fesse et du haut de ma cuisse pendant presque un mois : on croirait que je suis en train de devenir une zombie.
Je descends donc toute penaude et arrive au refuge avec la jambe pleine de sang, en mode épopée apocalyptique. C’était super d’être remotivée par les sentiers, mais pour le coup j’y suis peut-être allé un peu fort ! Mais la soirée est super, le refuge est tenu par un jeune qui fait quasiment tout tout seul, et on y mange et dort bien. Les seuls clients de passage sont tous HRPistes, et j’ai la bonne surprise de retrouver parmi eux deux HRPistes, dont Sophie, l’autre fille qui voyage solo, que j’ai déjà croisés plusieurs fois depuis trois semaines !
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