TransAlpes jour 9 : du lac d’Arpy au refuge Albert Deffeyes

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Réveil matinal aujourd’hui, on range la tente tôt histoire de ne pas se faire prendre à bivouaquer ici. La montée vers le Lago di Pietra Rossa / de la Pierre Rouge est agréable, et l’arrivée au lac magnifique : ambiance haute montagne assurée dans un cadre très minéral. 

On est aujourd’hui sur une étape avec un bon passage hors sentier pour rejoindre le refuge Albert Deffeyes. On se trompe de chemin au début, en suivant des cairns qui nous amènent trop à droite et trop en hauteur (ils visent en fait le sommet du Monte Colmet si je ne me trompe pas). D’autres cairns restent dans la combe qui monte vers le col sans nom que nous devons emprunter, en suivant une ligne relativement claire par la droite. 

Un névé bien raide occupe le centre de la combe, nous le contournons tant que possible par la droite mais le terrain devient de plus en plus instable, les pierres n’arrêtent pas de nous rouler sous les pieds, on avance très mal. Warren fait une courte tentative de passer par le névé. Horreur, il commence à glisser un peu, mais heureusement reprend pieds côté terrain qui se casse la figure : on n’en mène pas large ! Pour éviter une glissade de 200 m vers des bonnes grosses pierres qui attendent sous le névé, on décide de s’en tenir aux éboulis et on atteint difficilement le col. Sur notre première partie de Transalpes (on va s’arrêter une semaine plus tard vers le Mont Cenis), ça restera le seul passage qui nous aura vraiment fait peur. On y est passés mi-août, et ce névé final était assez impressionnant !

S’ensuit une descente parmi un champ de blocs pas trop abrupt, avant de retomber sur un sentier qui remonte en lacet vers le refuge Albert Deffeyes. La vue du refuge, sur le glacier du Ruitor et sur les sommets environnants est splendide. On installe la tente en contrebas du refuge, en face du glacier. Encore une fois la météo n’annonce rien de bon, mais pour le moment l’orage semble loin. 

TransAlpes jour 8 : de la combe d’Arminaz au Lac d’Arpy

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Dernière vue du massif du Mont Blanc ce matin, on prend longuement en photo les Grandes Jorasses puis on monte vers le fameux replat. Pas une seule personne en vue, l’endroit est désert. Vers le Lac d’Arminaz, on croise une bonne quinzaine de bouquetins, qui nous suivent du regard alors qu’on continue notre ascension vers le Colle Battaglione Aosta. Le chemin est un peu défoncé, l’érosion fait son chemin. En levant la tête pour essayer de distinguer le passage qui va nous mener au col, on croit de nouveau voir du mouvement, probablement le ou la randonneur.se repéré la veille !

Le col quant à lui est très minéral, mais ne semble pas difficile. On avait lu sur refuges.info des commentaires qui nous avaient un peu inquiétés, et on décide définitivement d’arrêter de trop regarder les fameux passages difficiles en amont : à chaque fois on passe en fait sans soucis, après avoir stressé pour pas grand chose. Il faut être prudent évidemment, mais bon il faut probablement prendre un peu confiance en nos capacités et prendre du recul par rapport aux avis de personnes dont on ne connaît pas le rapport à la montagne. 

Warren avance plus vite que moi et rejoint rapidement le col, et j’entends une conversation qui démarre. Arrivée en haut, je découvre deux randonneurs, un garçon et une fille de notre âge, en pleine discussion avec Warren sur l’itinéraire transalpes. Je jette un œil à leur matériel et suis très impressionnée par leurs sacs à dos, visiblement très légers et surtout cousus main. Ça me renvoie immédiatement aux longues heures (journées même) passées sur randonner-leger.org, et à tous les matos un peu bidouillé maison des internautes. Je leur pose la question, c’est bien là qu’ils ont trouvé le patron pour les sacs, et ils ont même cousu leurs propres duvets UL ! J’en reste baba, c’est vraiment trop impressionnant, surtout qu’ils me font essayer leur sac qui est vraiment confort. 

On reste un moment à discuter au col, puis ils reprennent leur chemin. Je les regarde descendre vers le vallon, ravie d’avoir rencontré pour la première fois d’autres utilisateurs du forum ! 

Après leur avoir donné un peu d’avance, on entame notre descente aussi, direction Morgex ce soir, en espérant trouver un endroit pour bivouaquer à la sortie de la ville. Le sentier est agréable au début, dans un joli vallon très vert, puis on rejoint une piste goudronnée (en dessous du Dos de Chambave) qui n’en finit pas. On retrouve le sourire au supermarché de Morgex devant tous les produits italiens, et la pizza sur la place principale nous comble de bonheur. 

Par hasard, on découvre l’existence d’une navette gratuite qui monte vers le lac d’Arpy. On hésite un peu, mais enfin le lieu sera certainement bien plus sympa pour poser la tente, et on vient déjà de se taper une section interminable sur du goudron. On peut donc peut-être zapper la montée au lac qui n’arrête pas de croiser les lacets de la route. En arrivant vers l’arrêt, on y retrouve nos deux compagnons de transalpes. C’est décidé, on prendra tous le bus, tant pis si c’est un peu de la triche ! 

La navette (horaires dispo sur le site internet de la commune de Morgex) nous dépose à côté d’un restaurant qui a l’air sympa. On proposerait bien un verre aux deux compères pour continuer notre discussion, mais ils semblent assez pressés d’avancer alors on les laisse partir devant. Quand on arrive au lac d’Arpy, il ne reste que quelques baladeurs à la journée qui s’en vont rapidement : officiellement, le bivouac est interdit ici. On imagine que les deux transalpistes sont montés au Lago di Pietra Rossa qui est au-dessus de 2500m : il est autorisé d’y planter la tente. On décide de rester ici, on installera la tente tard et dans un coin un peu planqué, et on partira très tôt demain. 

TransAlpes jour 7 :  du bivacco Fiorio à la comba di Arminaz

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Dès le réveil, le ciel n’a rien d’engageant. Les nuages sont gris et bas : l’orage menace déjà. On se dépêche de quitter le bivacco et on redescend vers la vallée côté Italie le long d’un sentier en zigzag sur un éperon. Un peu technique sous la pluie qui ne tarde pas à tomber, mais on arrive rapidement au Rifugio Elena. L’averse s’intensifie et des premiers coups de tonnerre se font entendre alors qu’on pousse la porte du refuge. La pause n’était pas prévue mais on la savoure quand même avec un caffè latte et une pâtisserie bien gourmande. 

Nous sommes plusieurs à attendre que l’orage se calme pour continuer notre journée, et vers 10h une accalmie semble arriver. Ni une ni deux, nous repartons : ce soir nous voulons bivouaquer sous le Colle Battaglione Aosta, et il nous reste une petite trotte. Nous revoilà sur le parcours du TMB jusqu’au Rifugio Bonatti, et nous croisons une file quasi ininterrompue de TMBistes par moment ! La première heure de marche est franchement morose : les nuages sombres demeurent bien bas et nous sommes toute une foule à patauger sur le sentier détrempé. 

Alors que nous arrivons en vue du Rifugio Bonatti, le temps s’améliore et les nuages se dissipent, faisant apparaître à notre droite le somptueux versant italien des Grandes Jorasses. Le refuge est bondé, il y a énormément de monde et notamment de touristes internationaux, mais on profite quand même de son agréable terrasse pour faire une pause. 

En fin d’aprem, on repart vers la comba di Arminaz, sous un ciel plutôt menaçant. Nous quittons définitivement le TMB : plus personne sur le chemin. On pose la tente juste après un alpage, et pas très loin d’une cabane en pierre en assez mauvais état (le tza de Sécheron d’après ma carte). L’orage gronde quelque part au-dessus des montagnes, mais restera haut et lointain toute la nuit. Un peu plus haut, sur le replat du lago d’Arminaz, on a l’impression de distinguer quelqu’un. Serait-ce le premier transalpiste de notre traversée ? Le col a l’air très peu fréquenté d’après ce qu’on a pu voir en ligne, et on sait que le replat en question est un spot de bivouac listé sur le récit du Yéti … Les probabilités sont minces, il peut très bien s’agir tout simplement d’un randonneur désireux de s’éloigner des foules du TMB. On verra bien demain, peut-être qu’on le ou la rattrapera ! 

TransAlpes jour 6 : de la Fouly au bivacco Fiorio

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Revigorés par une bonne nuit de sommeil et un dîner conséquent, on se lève de bon matin et on plie rapidement le camp. L’orage est annoncé pour 13h et on a un passage réputé “difficile” à passer, je préfère qu’on s’active pour ne pas s’y retrouver quand ça pète. 

Notre itinéraire est commun avec le TMB pour le premier kilomètre, puis on retrouve un sentier moins fréquenté pour remonter vers le Crêtet de la Gouille. A partir de là, la montée vers le Petit Col Ferret se fait dans d’agréables alpages peu fréquentés. Je ne suis pas totalement à l’aise parce que je redoute le fameux passage difficile que j’ai repéré sur les cartes, mais finalement aucune difficulté technique jusqu’au col, et pas non plus jusqu’au bivacco. 

On y arrive sous un soleil radieux et on prend le temps d’explorer un peu les environs. La vue sur le Mont Dolent et surtout sur le glacier Pré de Bard est exceptionnelle. On n’a pas l’habitude d’être aussi proche d’un glacier, et on passe tout le début de l’après-midi à l’observer et à l’écouter. Au bout d’une heure ou deux, un couple arrive et choisit de s’installer dans l’ancien bivacco, un peu plus bas sur les rochers. On profite de la sérénité du lieu au soleil, allongés sur un banc devant notre demeure du jour. Après-midi de rêve. 

Alors qu’on commence à se dire qu’il ne va jamais y avoir d’orage et qu’on aurait pu pousser un peu plus loin, le temps tourne en début de soirée. Le ciel s’assombrit, les nuages se rassemblent et descendent rapidement sur nous. J’ai peur des orages et je n’en mène pas large. On se carapate dans notre bivacco et on attend que l’orage arrive. Rapidement, des éclairs strient le ciel, des flashs éclatants nous éblouissent et des coups de tonnerre fracassant retentissent. L’orage éclate fort, et visiblement pas loin de nous. Le bivacco est à plus de 2700m, et ça doit taper sur des crêtes proches. Par moment, on a l’impression que le sol tremble sous le choc du tonnerre. 

Les éclairs commencent à s’espacer une bonne heure et demie plus tard, mais l’orage reste proche. Soudain, dans une ambiance film catastrophe, des coups retentissent contre la porte. Deux alpinistes espagnols sont montés en plein orage, ils sont trempés et transis de froid. On baragouine avec eux pendant que l’accalmie s’installe. Ils comptent faire l’ascension du Mont Dolent le lendemain, c’est assez incertain vu la météo prévue, mais ils sont montés en disant qu’ils verraient bien au petit matin. 

Des petites crottes de souris jonchent les lits du haut donc on se répartit les couchettes inférieures, après avoir bien suspendu nos sacs pour ne pas avoir de mauvaise surprise au réveil. Les matelas sont assez confortables, et on dort très bien pour notre première nuit en Italie. 

TransAlpes jour 5 : du col de la Breya à la Fouly

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Réveil particulièrement agréable en ce jour, dans notre petit coin de paradis caché dans la forêt. La journée commence par la montée vers le col de la Breya, un bon champ de blocs assez raide et bien balisé. On croise deux personnes avant le col, puis quasiment plus personne jusqu’au très beau lac d’Orny. On pose les sacs vers 2700 pour explorer un peu le coin. L’endroit est magnifique, ambiance haute montagne et glaciaire somptueuse, et il n’y a quasiment personne ! On reste longtemps à regarder le Petit Clocher du Portalet, une magnifique aiguille qui se détache du Portalet. 

On repart à contrecœur, vraiment impressionnés par ce paysage sublime, en se retournant régulièrement. On vise une arrivée à la Fouly ce soir, nuit de luxe au camping pour prendre une vraie douche, laver nos habits et faire un bon ravito. Pas le choix, il va falloir dérouler ! 

Le sentier zigzague à flanc de montagne puis dans les sous-bois, il commence à faire vraiment chaud plus la journée avance et plus on descend. Vers 1600, juste avant de rejoindre une piste, on débouche sur un bâtiment qui semble plutôt abandonné, mais avec des robinets et de l’eau bien fraîche. Parfait pour refaire nos stocks pour le 6 ou 7 km qu’ils nous restent jusqu’au camping. De là, le sentier est plutôt morne et monotone : beaucoup de pistes et de sous-bois pour rejoindre la Fouly, et surtout … de plus en plus de monde. 

Et pourtant, rien ne pouvait nous laisser imaginer la foule immense sur laquelle on allait tomber au camping ! Des centaines d’emplacements à perte de vue, des jeux pour enfants, des murs de grimpe artificielle, et un “espace randonneurs” bondé. Les emplacements classiques accueillent dans cette section autant de tentes que possible, et l’abri en dur réservé aux marcheurs ne désemplit pas. C’est notre première rencontre avec l’itinéraire classique du TMB, on hallucine. On ne traîne pas trop au camping et on file au village. On en revient délestés d’une somme conséquente, mais on relativise en se disant que ce sera notre seul ravito en Suisse. Quitte à flamber, on se paye une pizza sur le toit de la supérette qu’on mange dehors, il a commencé à pleuvoir mais on n’a pas vraiment envie d’aller dans l’abri randonneur bondé du camping. 

Heureusement, on quittera la foule demain, direction l’Italie et le bivacco Fiorio pour une aprem de repos et une nuit en dur : la météo est mauvaise, gros orage annoncé dès 13h. 

TransAlpes jour 4 : de la cabane des Grands Dessus au col de la Breya

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Réveil tôt ce matin, on se prépare rapidement afin d’éviter de partir en même temps que tout le monde. La descente dans la vallée se fait très facilement, on se sent bien en forme après cette nuit dans un abri en dur ! On profite du temps gagné à la descente pour s’offrir une petite pause à la buvette du glacier, en fond de vallée, et utiliser les toilettes. Il est possible de manger ici ou de prendre à emporter des sandwichs, qui avaient l’air très bons. 

Il est ensuite temps de s’attaquer à la montée vers la fenêtre d’Arpette, un peu plus de 1000 m d’ascension. Cette section est un énorme plaisir sportif. On monte à toute vitesse, ça monte bien raide mais le dénivelé est vite avalé, le terrain est sympa avec un sentier bien tracé mais avec un peu de caillou pour le rendre intéressant. Super moment, on prend plein de plaisir et ça nous donne un boost de confiance en nous !

Juste avant la fenêtre, c’est-à-dire le col, d’Arpette, les lacets du sentier font place à un champ de bloc relativement abrupt. Les marques du balisage demeurent très simples à suivre et il y a pas mal de passage, donc aucun souci. On débouche sur la fenêtre, où se reposent après leur montée une bonne dizaine d’autres randonneurs. Un petit encas et dix minutes plus tard, on commence notre descente vers le Val d’Arpette. Il y a un peu de monde sur le sentier, qui n’est pas des plus roulants : pente assez raide au début, puis quelques champs de bloc à traverser. Vers 2300 m, le sentier redevient très bon, mais la satisfaction d’avoir avancé à toute vitesse ce matin commence à faire place à la fatigue. 

On envisageait de pousser jusqu’au lac d’Orny avant de poser la tente, mais on finit par bivouaquer un peu avant le col de la Breya, dans un joli coin de verdure bien caché. On profite d’un petit ruisseau pour faire une bonne toilette et rincer un peu nos vêtements, ce qu’on n’a pas pu faire hier au Grands Dessus. Un peu avant d’éteindre nos frontales, on entend un orage qui s’approche. Cette nuit-là il restera assez lointain, et notre deuxième nuit en Suisse se passe sans encombre. 

TransAlpes jour 3 : de Vallorcine à la cabane des Grands Dessus

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Aujourd’hui ravito en matinée, on prend un train à Vallorcine en direction de l’Argentière pour faire quelques courses. Retour vers Vallorcine un peu avant midi et on commence la montée vers le Col de Posettes, à 1997 m. Il fait chaud, la montée se fait en partie sur des pistes de ski et quelques VTTs nous coupent le chemin à toute vitesse … Cette section ne restera pas dans les annales, mais une fois dépassé le très fréquenté refuge du Col de Balme le sentier devient nettement plus joli. 

A partir d’ici et jusqu’au lendemain soir on croisera beaucoup de monde, nous sommes sur l’itinéraire de la Haute Route Chamonix-Zermatt et surtout sur une variante du TMB. Nous venons aussi d’entrer en Suisse, et nous y resterons quelques jours avant de passer en Italie !

Le sentier jusqu’à la cabane des Grands Dessus suit plus ou moins une courbe de niveau, mais on commence à fatiguer un peu de la journée, pas si physique mais bien chargée avec l’aller retour en train du matin pour se ravitailler. On était persuadés de tomber sur une cabane non gardée, vu les avis lus sur refuges.info et sur des récits de rando, mais à notre grande surprise on est accueillis par un gardien à notre arrivée ! Celui-ci nous explique que ça fait plusieurs années qu’ils ont repris le gardiennage du refuge. Il y a donc un dortoir payant, quelques boissons disponibles à l’achat (sodas et bières), et peut-être un peu de nourriture (information incertaine que j’ai oubliée !). 

L’endroit n’est pas idéal pour bivouaquer, il y a quelques spots relativement plats et sans végétation mais qui ont déjà été pris, alors le gardien nous fait dormir gratis dans sa grange. On discute un peu avec lui avant de se coucher, il nous raconte qu’il va régulièrement crapahuter sur le versant d’en face pour chercher des cristaux et pierres semi-précieuses, et on croise même son père qui fréquente l’endroit depuis plusieurs décennies et déplore le recul inexorable du glacier du Trient. 

Avant de se coucher on profite un peu de la vue sur le premier glacier d’une longue série, et on repère le chemin qu’on prendra le lendemain pour passer la fenêtre d’Arpette. En ce début de transalpes, on manque un peu de confiance en nous et on redoute vaguement ce passage, qui vu d’ici et à la tombée de la nuit a des airs de porte d’entrée du Mordor. 

TransAlpes jour 2 : des frêtes du Grenier à Vallorcine

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Réveil tardif, on entend 3 ou 4 randonneurs marcher pas loin de la tente et on sort prendre un petit dej royal avec vue sur le Mont Blanc. Je redoute pas mal la journée, qui est censée comporter la première difficulté de notre traversée : la montée au Mont Buet par son arête nord. Le passage est indiqué comme difficile sur refuges.info, et à l’époque ça m’impressionne beaucoup. Je n’ai pas franchement de grande expérience de rando, et je me dis depuis le début que si jamais ça devient trop difficile on quittera l’itinéraire transalpes pour revenir sur le GR5 ou sur d’autres sentiers plus faciles. Mais pour l’instant, on se met en route : on verra bien une fois arrivés devant l’arête si on y va ou pas !

La journée commence donc par les fameuses frêtes du Grenier, un joli passage très minéral sur un sentier facile à suivre, un peu exposé par moment mais sans difficulté. Après avoir dépassé la Cathédrale (2531 m), on descend vers le Plan du Buet, paysage lunaire avec quelques spots de bivouac sympa et un peu d’eau. La montée vers l’arête nord du Buet commence là, et je la monte avec les chocottes, très impressionnée par l’ambiance haute montagne qui règne. Quelques lacets mènent au col du Genévrier, à environ 2800 m, et nous voici devant le passage tant redouté. Une assez longue suite de câbles permet de suivre l’arête nord du Mont Buet vers son sommet. Petit coup de stress mais aussi bon coup de pied aux fesses et je me lance. Finalement ça passe bien, c’est un peu exposé effectivement mais il y a vraiment pas de raison de perdre équilibre, même avec des sacs d’itinérance pas très light on s’en sort. Le passage est finalement vraiment sympa, on fait quelques pas d’escalade, pas nécessaires du tout, mais ça rend l’itinéraire plus ludique et on fait un peu les malins. 

En haut nous attend une vue absolument spectaculaire, probablement une des plus belles de notre traversée, y compris en comptant la deuxième partie effectuée en 2025. J’étais déjà monté en haut du Piton des Neiges en octobre 2023 lors de ma traversée de la Réunion, mais pour Warren c’est un premier passage à 3000 !

Au sommet il y a pas mal de monde, ça change de notre matinée pendant laquelle on n’avait pas croisé foule. Il est midi et on trouve un petit coin où s’installer pour le pique nique. Il ne nous reste plus qu’à redescendre sur Vallorcine ce soir, alors pas besoin de se presser, on reste un petit moment profiter de cet endroit exceptionnel. 

Le sentier qui descend sur Vallorcine est très bien tracé mais un peu casse patte, il y a presque 1800 m à dégringoler. On traverse quelques gros névés, pas du tout exposés, au début de la descente, puis quelques petits champs de blocs, mais rien de très compliqué.

En descendant du Buet

Une petite pause au refuge de la Pierre à Bérard, qui vaut le coup d’œil, et on arrive dans un vallon qui descend très tranquillement vers Vallorcine. On pose la tente à l’arrière d’un gîte du village, dont les propriétaires ne sont pas particulièrement agréables. On a un peu l’impression d’être des malpropres, on nous autorise à utiliser les douches du gîte (faut dire qu’on paye pour), mais à l’heure du repas pour ne pas croiser les clients “classiques”…

TransAlpes jour 1 : Du Cirque de Sixt-Fer-à-Cheval au refuge du Grenairon

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On a décidé de zapper la première partie de la traversée et de commencer directement au cirque de Sixt-Fer-à-Cheval pour des raisons pratiques. On avait prévu de faire la TransAlpes en deux fois deux semaines sur deux étés, en 2024 et 2025, et on avait l’impression que commencer du lac Léman serait un peu trop long pour nous. On voulait surtout un début accessible en transport en commun ou en blablacar à partir de Grenoble, et finalement on est tombé d’accord sur Sixt-Fer-à-Cheval, en prenant un car jusqu’à Cluses puis un autre jusqu’au village de Sixt (ligne Y94, à peu près 1 heure), et d’accéder au cirque en faisant du stop (largement faisable à pieds aussi). 

La première journée se passe super bien, on se sent en forme olympique et on avale les 1850 mètres de dénivelé vers le refuge du Grenairon vraiment facilement. Le chemin est très simple à suivre, aucune difficulté technique ou d’orientation. Une petite pause au refuge pour profiter d’une bière et de la vue, et on remonte un peu au-dessus du refuge, vers les frêtes du Grenier, pour trouver un endroit où poser la tente. On se doute que la vue va être belle mais on ne voit rien, les nuages obstruent totalement le paysage. Au bout d’une petite heure, ça commence à se dégager et on se retrouve avec un bivouac exceptionnel pour clore cette première journée. 

Les nuages commencent à se dissiper, le Mont Blanc apparaît.