TransAlpes sud, jour 3 : du bivacco Enrico Olivero au Plan de Parouart

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Encore une belle journée de prévue aujourd’hui, en suivant la variante de Jérémie Bigé par les crêtes. On commence par une montée très minérale vers le pas de Salsa, à 3176 m. L’ambiance y est très, très belle : du caillou à perte de vue, pas un seul signe de civilisation et un horizon entièrement dégagé ! 

Nous descendons vers le bivacco Franco Boerio (tout propre et très accueillant !) et décidons d’y casser la croûte. Après une courte réflexion, on préfère éviter l’ascension du Bric de Rubren pour se laisser le temps de faire le parcours en crête vers la Tête de Malacoste sans se stresser. On commence par monter au Monte Guiep, à 3100 m, puis on se dirige vers l’arête de la Tête de Malacoste. Au bout d’un moment, on bute sur un petit pas d’escalade pour rester sur la crête, qui me semble bien exposé. Comme nous ne sommes pas franchement UL (on doit porter entre 8 et 10 kg chacun), j’ai un peu peur que le poids de notre sac nous déséquilibre, et sans savoir ce qui nous attend pour le reste de la journée je préfère faire demi-tour… 

C’est dommage, mais ce sera l’occasion de revenir à la journée avec un équipement plus léger, ou bien quand on aura investi dans du meilleur matos. Dans tous les cas, mieux vaut ne pas aller se mettre en trop gros stress, nous n’en sommes qu’au troisième jour du périple alors autant ménager un peu notre mental. 

Plutôt que de retourner au pas de Mongioia, on coupe à travers les pierriers en visant le chemin au fond du vallon. Là, le béal de Rubren coule paisiblement au gré de régulières petites vasques. On se frotte énergiquement avec un bandana pour faire partir toute trace de crème solaire et on y trempe les jambes pour se rafraîchir. Puis vient la descente, longue mais roulante, vers l’Ubaye. Au plan de Parouart, on décide de poser la tente.

TransAlpes sud, jour 2 : du lac Egorgéou au bivacco Enrico Olivero

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Une journée des plus excitantes ! On a prévu pas mal de petits sommets autour du sentier aujourd’hui, avec de jolies lignes de crêtes, donc on se réveille tout contents. 

La journée commence sur un GR58 assez densément parcouru, et surtout un premier sommet franchement bondé : le Pain de Sucre, à environ 3200 mètres. Il n’y a pas beaucoup de place pour s’asseoir sur son sommet, et vraiment beaucoup de monde, alors on n’y reste pas très longtemps. La vue sur la crête de la Taillante y est splendide, et donne très envie d’y monter ! Celle sur le Viso, qui se dévoile par moment entre les nuages, est bien belle aussi, même si on n’arrivera pas à le voir en entier !

On ne s’attarde pas et dépassons vite le col Agnel, empli de voitures, pour nous diriger vers le col de la Chamoussière. Drôle de souvenir pour moi, il y a un an j’y franchissais mes premiers névés toute seule sous l’orage, sur mon tour du Queyras en solitaire ! J’étais alors une bébé randonneuse et je suis bien fière du trajet parcouru. 

Nous quittons ici le GR pour rejoindre le Pic de Caramantran, puis une belle ligne de crête qui nous mène à Rocca Bianca. L’accès aux deux sommets (nord est à 3014 m et principal à 3063) est relativement facile à trouver et les passages les plus compliqués sont bien équipés : ça passe plutôt bien. Ambiance haute montagne très sympa et pas un chat sur ces sommets. 

En redescendant vers le col Blanchet, on a fait de petites portions hors sentier pas idéales (terrain pas très stable), il y avait peut être moyen de redescendre plus directement en restant plus proche de la crête (sente visible sur les fonds de carte IGN mais qui n’apparaissait pas pour nous sur mapy, je ne sais pas si elle est praticable). 

Nous basculons côté italien et décidons de poser la tente vers le col Longet. On envisageait de dormir au bivacco Enrico Olivero, mais celui-ci est déjà plein depuis le début d’aprem ! Tant pis, on se trouve un joli spot dans une petite cuvette rocheuse protégée du vent. On est bien tombés : alors que le soleil se couche, on assiste au défilé d’une bonne vingtaine de bouquetins !

TransAlpes sud, jour 1 : d’Abriès au lac Egorgéou

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Pour finir notre TransAlpes entamée en 2024, nous avons choisi de louper la section du Mont Cenis à Ristolas (à peu près 90 km). On avait deux semaines de libre seulement, et l’envie de rester sur des étapes digestes en termes de distance et de dénivelé, alors ça nous a semblé être le meilleur compromis pour espérer aller jusqu’à Menton. A noter qu’il est plutôt facile d’aller en transport en commun jusqu’à Ristolas, ce qui est en fait un bon point de départ pour une section TransAlpes, à défaut d’avoir le temps de tout faire. 

On commence ce retour sur la TransAlpes tranquillement, avec une petite section en fin d’aprem de Ristolas au lac Egorgéou, pour se remettre tranquillement dans la marche. De mon côté, j’ai passé mon mois de juillet sur la HRP et n’ai eu que 5 jours de repos entre les deux traversées, alors je préfère ne pas y aller trop fort. 

La météo n’est pas top en ce premier jour de reprise, ça nous rappelle la TransAlpes 2024.  Mais bon c’est pas mal, ça fait qu’il y a moins de monde sur cette section qui suit un GR (même si évidemment on croise quand même beaucoup de randonneurs, ne pas s’attendre à être seuls !). On hésite un peu à dormir à la cabane de la Médille, super propre et plutôt bien cachée, mais on décide de risquer la nuit sous tente sous l’orage et on pousse au lac Egorgéou dans un épais brouillard.

TransAlpes jour 14 : du refuge du Cuchet au Pas de la Beccia

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Dernière vraie journée de notre transalpes 2024 ! Nous atteignons rapidement Lanslebourg et passons acheter un dernier ravito. Plein de commerces dans la rue principale avec beaucoup de produits frais et locaux sympas. Vers midi, on reprend notre journée de marche, en direction du Pas de la Beccia. On a suivi les sentiers balisés, mais une série de cairns guide tout droit dans la combe de Cléry pour accéder au col plus rapidement. 

Au Pas de la Beccia, il y a un joli spot pour bivouaquer avec vue sur les deux versants, mais on décide de descendre un peu plus. Demain sonne la fin de notre randonnée, on veut se rapprocher de la route pour aller rapidement faire du stop après le réveil. On quitte donc le col et on descend dans les alpages, avant de poser la tente juste à leur sortie, sur une petite butte herbeuse. 

Le lendemain, on a fait l’erreur de viser à l’ouest, vers le refuge du Petit Mont Cenis pour aller faire du stop. Sauf que la route ne part à l’ouest que sur quelques kilomètres et s’arrête aux Coulours. Il faut ensuite descendre à pied dans le Vallon d’Ambin pour rejoindre une route peu fréquentée. Clairement pas l’idéal pour faire du stop, même si on a pas attendu si longtemps que ça, il y avait juste très peu de passage. Si jamais vous voulez repartir du même endroit, il vaut probablement mieux descendre vers le lac du Mont Cenis, clairement plus fréquenté. Pour ceux qui continuent, les étapes italiennes qui arrivent ont l’air de passer à côté de bivacco bien sympas !

Pour nous c’est la fin de cette première section de TransAlpes, on reprendra l’été suivant, en août 2025. On est bien emballés par ce voyage, où l’on a globalement pas croisé grand monde excepté sur le TMB. C’était un peu un test pour nous, on a commencé sans être certains qu’on allait rester sur cet itinéraire exigeant, et finalement ça nous a bien plus plu que nous aurait plu un GR5. La plupart des sections réputées difficiles étaient largement franchissables, il y a plein de passages bien sympas, on a hâte d’y retourner l’an prochain !

HRP jour 32 : Du Perthus à Banyuls-sur-Mer

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Drôle d’impression en me levant ce matin : si tout va bien, j’aurai fini ma HRP d’ici ce soir ! 

J’ai pas mal de kilomètres à faire alors je déroule en mode automatique toute la matinée. A partir du col de l’Ouillat, j’arrive sur des terres que je reconnais de plus en plus. Mes grands-parents ont un appartement à Argelès-sur-Mer, et j’ai beaucoup fréquenté le coin quand j’étais enfant. Les émotions en ce dernier jour de traversées en sont encore grandies. 

Je m’offre une crêpe au refuge du col pour prendre le temps de savourer cette dernière journée. A partir de là, la montée au Puig Neulos est très rapide, et de là la Méditerranée devient extrêmement proche. Beaucoup de monde sur ce sommet, et puis une double claque : la Méditerranée si proche, et tellement de civilisations, de routes, d’antennes, de villes aux alentours. Je descends sous le sommet et m’offre un moment seule sur un rocher pour laisser l’idée faire son chemin : c’est fini. 

La suite de la journée, je suis les crêtes pour descendre vers Banyuls. J’avais envisagé de finir à Cerbère ou Collioure, variantes qui m’ont été plusieurs fois chaudement recommandées, mais finalement j’ai choisi Banyuls sans vraie raison, ça me plaisait de finir la HRP dans les clous. 

NB : Faire bien attention à la gestion de l’eau sur cette journée, il faisait très chaud fin juillet 2025 et pas mal de sources étaient à sec. Ca coulait quand même bien à la Font de l’Orri (peu après le Puig Neulos, à 950 m d’altitude) et quelques kilomètres plus loin à la Massane (source indiquée par un panneau). 

Je ne croise que peu de monde cet après-midi et j’en suis ravie. La végétation est définitivement bien méditerranéenne, les odeurs se chargent de souvenirs, et la mer devient de plus en plus imposante. Avant d’entamer ma dernière descente, vers le Pic de Sallfort, j’hésite à m’arrêter là pour la journée et à profiter d’un dernier bivouac royal, vue sur mer. 

Mais non, c’est décidé, je finis ! Une bonne descente casse-patte plus loin, me voilà en ville, puis rapidement à la plage. C’est fini ! Je suis épuisée, mon mental lâche et je me mets à pleurer, assise sur un banc face à la mer : j’en peux plus, je suis exténuée, mais surtout je suis tellement fière.

HRP jours 30 et 31 : Du refuge des Cortalets à Amélie-les-Bains, puis au Perthus

Je regroupe ici le récit de mes deux avant-dernières étapes. À ce moment-là, je commençais à vraiment avoir envie d’en finir de ma traversée. Beaucoup de kilomètres, pas mal de routes forestières, des paysages de moins en moins montagnards : la fin approche, et ça se sent. 

J30 : Du refuge des Cortalets à Amélie-les-Bains

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On arrive sur la fin et ça se sent ! Si jusqu’ici j’avais du mal à imaginer la fin de la traversée et le concept de ne pas marcher tous les jours, je commence à avoir envie d’en finir. Et puis je repars sur la TransAlpes après 3 jours de pause alors bon, je continuerai bien à marcher !

La première journée, des Cortalets à Amélie-les-Bains consiste en une longue descente vers la vallée : on quitte définitivement les sommets et l’atmosphère alpine. Il fait très chaud, et il y a peu d’eau sur le tracé HRP. Je me suis retrouvée assez mal, écrasée par la chaleur et sans une goutte d’eau sur la descente vers Amélie-les-Bains. 

Je recommande vraiment de faire un gros stock d’eau aux sources croisées (pour moi les dernières qui coulaient bien étaient vers le 5ème kilomètre de la journée, un peu avant d’arriver à la cabane du Pinatell). 

NB : De manière générale, sur les 3 dernières journées, je recommande de faire de grosses réserves d’eau dès qu’on croise une source. Fin juillet 2025, l’eau était très rare sur ces dernières sections. 

A Amélie-les-Bains, j’ai dormi au camping municipal : j’avais prévu de trouver un spot de bivouac avant ou après, mais j’ai rien croisé de correct et n’ai pas préféré tenter le diable. Je suis contente de l’avoir fait, car je n’ai effectivement pas croisé de bon endroit pour poser la tente avant un bon moment le lendemain. Le camping dispose d’un coin randonneur pas très cher (7 euros en juillet 2025) : personnellement j’étais toute seule donc j’avais un emplacement géant pour moi. 

J31 : DAmélie-les-Bains au Perthus

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Je suis repartie de bon matin le lendemain avec l’idée de viser Las Illas et éventuellement le Perthus, ce que j’ai fini par faire. L’ascension au Roc de France est sympa, et la vue y est très belle. La mer Méditerranée apparaît désormais régulièrement : un horizon qui commence à sembler atteignable et qui constitue une ligne d’arrivée de plus en plus tangible.

Sur cette étape, j’ai croisé très peu de monde, seulement un HRPiste déjà vu à Ulldeter. Je crois que la fin donne des ailes : j’ai fait certaines de mes plus grosses étapes sur ces derniers jours, et beaucoup de compagnons rencontrés sur la traversée ont fait de même.

La descente vers Las Illas est très roulante, on suit majoritairement une longue piste en gravier. Un terrain municipal est à destination des randonneurs pour le bivouac. Quelques tentes y étaient déjà installées quand je suis passée vers 16h : le GR10 passe aussi par là donc il y a pas mal de chances de croiser du monde. Mais la journée était belle, la température supportable et j’avais encore pas mal de jambes, alors j’ai décidé d’aller jusqu’au Perthus. 

La section de Las Illas au Perthus se fait très bien, elle est roulante et peu intéressante. Je suis finalement arrivée vers 19h au Perthus, où j’ai dormi au gîte de Paco. 

Moyennant 10 euros, on a une place dans le jardin, une douche chaude et surtout un accueil du tonnerre. Ça a été l’un de mes meilleurs hébergements sur la HRP. Paco est super sympa, m’a forcé à accepter des paquets de gâteau et des fruits frais avant de repartir le lendemain, et m’a globalement donné l’impression que j’étais chez moi dans sa maison. 

HRP jour 29 : du refugi d’Ulldeter au refuge des Cortalets

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La météo s’annonce très mauvaise toute la journée. Avec mon compagnon HRPiste, nous allons chercher des infos au refuge, et apprenons qu’un certain nombre de randonneurs a décidé de reporter leur journée de marche, ou de descendre dans la vallée. Le tracé de la HRP se fait sur les crêtes, où nous serons exposés au vent, mais le sentier semble roulant. On décide donc de tenter l’étape vers le refuge des Mariailles, avec une solution de repli : si le temps se détériore vraiment, on s’arrêtera à la cabane du Pla Guillem, qu’on devrait atteindre en 4 heures.

Depuis le refuge d’Ulldeter, impossible de voir les crêtes qu’empruntent la HRP et qu’on pouvait pourtant parfaitement distinguer hier : d’épais nuages les dissimulent entièrement. Nous montons rapidement vers le Portella de Morens, dans une brume de plus en plus opaque. A partir de là, les conditions se détériorent rapidement : on n’y voit plus à cinq mètres, l’humidité présente dans l’air nous glace rapidement le corps, fouetté par de constantes rafales qui m’empêchent par moment d’avancer. Heureusement, le sentier est plus ou moins protégé du vent par quelques rochers, mais dès qu’une ouverture se fait, nous sommes frappés de plein fouet par des bourrasques puissantes. 

Nous avançons très lentement. J’ai froid. Je n’ai qu’un short de running depuis le début de la traversée et pour la première fois je regrette de ne pas avoir pris un pantalon léger en plus. Même avec ma doudoune et mon imper, je suis glacée. Mes lunettes, constamment battues par la pluie, m’empêchent de voir. Il y a très peu d’endroits, voire aucun, où se cacher du vent.

Si j’avais été seule, je ne sais pas ce que j’aurais fait. Comme nous sommes deux, on continue d’avancer, presque sans se poser de question, portés par une forme d’élan qu’il serait difficile de briser. 

Au bout d’un temps qui paraît infini, on arrive à la cabane du Pla Guillem. C’est un abri en pierre, avec une porte lourde qu’on ouvre difficilement. A l’intérieur, rien, du sol en terre battue, un banc en bois défoncé, et surtout pas mal de vent : les pierres laissent largement entrer les rafales. On se réfugie tant bien que mal et on mange un bout, hésitant à repartir ou à rester ici attendre que ça se calme. Après dix minutes, on décide de continuer : d’ici quelques kilomètres, on devrait redescendre dans un vallon, où l’on sera peut-être mieux abrités. 

On se prépare mentalement à affronter la tempête et ressortons. Comme tout à l’heure, on ne distingue rien à quelques mètres. On se bat contre le vent pour faire quelques dizaines de mètres … et on tombe sur un vrai beau refuge, avec des murs, du mortier, et de la fumée qui sort de la cheminée ! On pousse la porte et tombons sur une petite dizaine de randonneurs, réfugiés là, qui rigolent en apprenant qu’on s’était abrités dans la cabane en ruine juste à côté, persuadés que c’était le refuge principal.

On se réchauffe un peu autour du poêle, puis décidons de partir en direction du refuge de Mariailles. Nous coupons hors sentier pour descendre de la crête et nous protéger du vent, et atteignons au bout d’une bonne heure le refuge. Un chocolat chaud plus tard, nous sommes rejoints par deux HRPistes que nous avions déjà rencontrés dans la cabane du Pla Guillem, et qui se joignent à nous pour la suite de la journée. 

Des rafales dépassant les 100 km/h sont attendues au sommet du Canigou, mais mes nouveaux compagnons ne semblent pas trop effrayés. Ils proposent de nous approcher du Canigou, en espérant croiser du monde qui descend et à qui on pourra demander des infos sur les conditions au sommet. Si jamais c’était trop mauvais, on pourrait passer par les crêtes de Barbet, qu’ils ont déjà empruntées il y a quelques années un autre jour de mauvais temps pour éviter le sommet. 

Finalement, on ne croisera personne à qui poser des questions. Au refuge Arago, dernier abri avant l’ascension, j’hésite à m’arrêter, mais poussée par la détermination sans faille de mes compagnons du jour, je décide de continuer. Au pied de la cheminée du Canigou, les rafales deviennent franchement violentes. Le vent nous secoue, nous oblige à nous arrêter régulièrement. On hésite. La cheminée est là, devant nous, mais dans ces conditions, difficile de savoir ce qui nous attend plus haut. Nous finissons par nous séparer : nous sommes trois à choisir les crêtes de Barbet, tandis que le dernier s’engage dans la cheminée. 

Je ne regrette pas mon choix. Les crêtes sont déjà très exposées, mais une courte éclaircie nous offre une vue lointaine sur la Méditerranée. En nous retournant, le sommet reste complètement noyé dans les nuages, invisibles du début à la fin. Aucun regret d’être restée un peu plus bas sur cette crête.

Nous arrivons vite au refuge des Cortalets, et décidons de nous offrir un bon repas et un lit au chaud, nous avons suffisamment souffert pour la journée ! 

HRP jour 28 : du Pla de la Beguda au refugi d’Ulldeter

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Je suis l’une des premières à me lever et avoir plié camp, alors je monte rapidement vers le col pour en profiter un peu seule. La tracé du jour est vraiment agréable, la HRP suit des chemins en crête très roulants, je déroule facilement de sommets en sommets. Un vrai plaisir ! Il y a un peu de monde, mais je me rends compte que ça va probablement être comme ça jusqu’à l’arrivée : les sections les plus sauvages de la HRP sont derrière moi, et d’ailleurs le gros de la traversée est déjà bien passé. 

Je profite de la journée sans me presser, et arrive en milieu d’après-midi au refuge d’Ulldeter. J’ai prévu de planter ma tente aux alentours, et repère rapidement un coin qui me semble propice à un bivouac discret. J’y dépose quelques affaires, fais un brin de toilette dans un ruisseau, puis m’octroie une bonne sieste dans l’herbe. 

Vers 18h, je décide de m’offrir une bière au refuge et m’installe en terrasse quand je suis abordée par un randonneur avec qui j’ai rapidement discuté la veille. Il s’installe avec moi et commence un monologue paternaliste sur la HRP et la randonnée longue distance, visiblement avec la prétention de m’apprendre beaucoup de choses. Je rigole bien quand je comprends au bout d’un moment, qu’il est sur une section de … quatre jours !! Et qu’avec ça il pense m’apprendre à marcher, moi qui en suis à mon 28ème jour de randonnée. 

Je termine rapidement mon verre et retourne à ma tente, planquée derrière un bosquet. Là, je tombe nez-à-nez avec une autre connaissance, un des HRPistes rencontrés à Alós d’Isil, qui a choisi de s’installer au même endroit. Cette fois, la rencontre est beaucoup plus sympa, et on discute un bon moment avant d’aller se coucher.

HRP jour 27 : de l’Estany Negre au Pla de la Beguda

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Avec plusieurs traversées d’espaces urbains et de bonnes portions de marche le long de départementales, le tracé du jour n’est pas des plus agréables. Je profite de l’intermarché de Bolquère pour faire un gros ravito. Sur les étalages, je repère des paquets de rousquilles : ça y est, me voilà déjà bien avancée dans les Pyrénées Orientales. Bientôt, ce sera le Roussillon, puis la mer et la fin de la traversée. 

NB : Pour éviter le détour vers l’hypermarché, il est possible de se ravitailler plutôt à la franchise U du village, mais le choix doit être bien plus réduit et probablement plus cher. Penser aussi à vérifier les horaires, ça m’avait l’air fermé quand je suis passée vers midi. 

Ma matinée se passe sans encombre mais surtout sans attrait particulier. La portion en bord de route est longue, et je regrette déjà les passages les plus sauvages de la HRP. Quelque part, je commence à sentir que la fin approche vraiment, c’est un retour à la civilisation un peu brutal dont je me serai bien passée. 

En début d’après-midi, j’arrive à Eyne et décide de faire une pause à la maison de la vallée d’Eyne, un agréable lieu dédié à cette réserve naturelle. Un food truck propose une offre de restauration qui m’a l’air vraiment bonne, mais comme je viens de me ravitailler je préfère descendre un peu mes stocks. Je commande quand même un café et un gâteau, excellent, et m’installe en terrasse. C’est tellement sympa que j’y reste deux bonnes heures, à feuilleter des bouquins de la petite bibliothèque en libre service à l’intérieur de l’espace de médiation. Il y a aussi une petite expo, très intéressante, sur les oiseaux du coin, et un joli espace botanique extérieur. C’est un lieu vraiment chouette, animé par une équipe très sympa. 

Vers 17h, je me décide à repartir. J’avais un peu hésité à poser ma tente dans l’espace de bivouac prévu par le village d’Eyne, mais finalement je me sens en forme et j’ai envie de profiter de ces dernières nuits de bivouac. Je vais essayer d’aller dormir vers le Pla de la Beguda, voire, si je suis suffisamment en forme, quelque part sur les crêtes en allant vers le Pic d’Eyne. 

La vallée d’Eyne est belle et calme, quoiqu’encore un peu fréquentée en cette fin d’après-midi. Le sentier monte paisiblement en suivant un torrent, il fait beau et je croise de moins en moins de monde : je suis ravie. J’arrive un peu tard vers le Pla de la Beguda, étant partie assez tardivement d’Eyne, alors je décide d’y rester pour dormir. Je ne suis pas la seule, plusieurs tentes se devinent plus ou moins loin. La grande solitude, seule face à la montagne, c’est fini ! 

HRP jour 26 : du Pas de la Case à l’Estany Negre

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Nouvelle journée de pluie, mais je quitte quand même le Pas de la Case sans regret. Je chemine dans la brume toute la matinée, sans rien voir de ce qui m’entoure. Au Portella de Lanós, je distingue le Pic Carlit, point de passage de la HRP, entièrement dans les nuages. Je continue sur quelques kilomètres puis m’arrête pour manger un bout juste avant la montée vers le Carlit, en espérant croiser quelqu’un qui pourra m’informer des conditions au sommet. 

Au bout d’un petit moment, un groupe descend et m’indique que le chemin est plutôt technique, qu’on y voit rien du tout et que la température au sommet est glaciale. Je décide de m’engager quand même sur le sentier, puis croise un randonneur qui me déconseille vivement de continuer : c’est la tempête au sommet. Bon … Je rebrousse chemin et choisis de contourner le Carlit en passant par le Portella de la Grava. 

Les nuages redescendent dans la vallée et obscurcissent le paysage pendant tout l’aprem, alors je me réconforte de mon abandon en me disant que je n’aurais probablement eu aucune vue au sommet. J’arrive au lac des Bouillouses en fin d’aprem, et le ciel se dégage enfin. On se croirait en Suède, j’y retrouve un air de Västerbotten. J’y trouve aussi un spot de bivouac idyllique mais déjà pris, et en dépasse plusieurs un peu moins sympa en me disant que je trouverai mieux ailleurs. Plus j’avance, plus je croise de monde et de tentes, l’endroit est visiblement bien fréquenté. Résultat j’atteins le barrage de Bouillouses avant d’avoir trouvé mon bonheur : me voilà bien avancée. Je pousse donc jusqu’à l’Estany negre, où je trouve un joli spot : je suis la seule personne aux alentours !