HRP jour 3 : de Elizondo aux Aldudes

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Petite journée aujourd’hui pour rejoindre les Aldudes, je sais qu’il y a une aire de bivouac là-bas mais je devrais y arriver assez tôt, donc je me dis que je viserai peut-être plus loin. La journée se déroule sans rien de particulier si ce n’est la chaleur étouffante qui s’est réveillée avec le soleil. 

Un peu avant de descendre sur les Aldudes, au niveau du col d’Argibel, j’ai le droit à un splendide ballet de vautours qui tournoient dans le ciel. J’en profite pour faire ma pause pique nique ici, avant de descendre tranquillement sur le village. 

L’aire de bivouac des Aldudes est plutôt sympa, c’est un gros espace d’herbe avec un accès à la rivière, froide mais bien agréable en ces temps de canicule, plusieurs tables et même une fontaine et des toilettes. Derrière l’aire de bivouac se trouve une épicerie relativement bien achalandée et pas trop chère. 

Je suis la première arrivée à l’aire de bivouac, mais je suis rapidement rejointe par plusieurs randonneurs, dont quelques-uns semblent prévoir d’y dormir. Je sympathise avec un groupe de copains et deux retraités super sportifs (les premiers d’une longue liste) qui font la HRP, on s’échange quelques conseils, je suis ravie de discuter un peu. 

Par contre, il y en a un qui ne me revient pas du tout. Il est arrivé un peu plus tard et m’a demandé s’il pouvait mettre ses affaires à sécher sur la table sur laquelle j’étais installée (alors que plusieurs tables étaient vides et dispo …). Ne sachant pas trop quoi dire, je lui dis que c’est ok et il commence à mettre TOUT son équipement à sécher dessus. Ok super, en fait j’ai même plus de place pour bouquiner tranquillement mon topo, je m’allonge à côté de la table vu que j’ai déjà monté ma tente là. Commence alors une longue période pendant laquelle l’homme alterne entre aller s’asseoir à côté de sa tente, 10 mètres plus loin, en me regardant, et se rapprocher pour faire mine de regarder si ses affaires ont séché, en ne manquant pas de me lancer de longs regards appuyés. 

Je ne suis pas du tout à l’aise, surtout que je me rends compte que les autres randonneurs commencent à replier leurs affaires pour aller dormir un peu plus haut, afin de profiter de la tombée de la nuit et de la baisse de la température pour s’avancer un peu. Je commence à me dire que je vais me greffer sur le groupe de copains avec qui j’ai déjà parlé quand heureusement trois nouveaux randonneurs arrivent et plantent leurs tentes. Ok, je vais pas me retrouver toute seule avec ce mec chelou, je décide de rester. 

Je ne dors pas bien, perturbée par l’idée qu’il y ait la tente du mec en question pas loin. En y re-réfléchissant j’aurai dû faire confiance à mon instinct et aller dormir un peu plus loin, histoire d’être tranquille et de ne pas stresser toute la nuit. Plus que du stress, je suis vraiment en colère. Ça m’énerve sérieusement qu’un mec me gâche le début de ma HRP. 

HRP jour 2 : du col de Lizuniaga à Elizondo

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Premier réveil sous la tente de cette traversée, j’ai trop bien dormi et je suis prête à bien dérouler sur les sentiers faciles jusqu’à Elizondo. Au départ du col de Lizuniaga, je croise deux retraités espagnols super sympas avec qui je baragouine pendant une bonne heure. J’ai du mal à retrouver mes mots en espagnol, ça fait bien 10 ans que je n’ai pas l’occasion de le parler, mais finalement au cours de la HRP ça va bien revenir ! Ils ne connaissent pas la HRP et me mansplainent gentiment que je suis sur le GR11 et que je vais pas réussir à en arriver à bout en un mois. Ils sont marrants et je suis ravie de discuter, alors j’insiste pas sur mon itinéraire et on marche ensemble jusqu’au col de Lizzarietko. 

Je comptais m’acheter un sandwich ici mais c’est raté, les auberges n’ouvrent qu’à 9h30 et je n’ai pas envie d’attendre (il y a par contre des toilettes propres ouvertes et des robinets). Tant pis, j’utiliserai un précieux lyophil à midi. Je me trompe de chemin un peu après le col, par flemme un peu bête de sortir mon topo du sac, mais je récupère la HRP quelques kilomètres plus loin. 

Il fait de plus en plus chaud, et je commence à avoir vraiment peur de ne pas avoir pris assez d’eau. Je n’ai plus croisé une seule source depuis un moment, et comme je mange mon lyophil à midi je dois utiliser un peu de mon eau. J’aurai peut-être dû m’arrêter à ce moment faire une pause plus longue à l’ombre, mais je me lance dans la montée vers les cols d’Atxuelako et de Larrondo malgré la chaleur étouffante. On dépasse les 40°C et le sentier est complètement exposé au soleil. On croise deux petits bosquets en chemin et quelques arbres isolés, je dois à chaque fois m’arrêter à leur ombre pour sentir ma température corporelle descendre légèrement. 

J’ai tellement chaud et si peu d’eau, et je ne croise plus personne depuis déjà plusieurs kilomètre, je commence à un peu flipper. J’ai tellement entendu parler des risques de déshydratation pendant mes trois mois en Arizona et en Utah, et me voilà comme une idiote à pas avoir rempli mes gourdes à bloc à la dernière source. Pour ne rien arranger je lis actuellement un bouquin recensant les morts survenues au Grand Canyon, qui relate plein d’histoires de randonneurs assoiffés divaguant jusqu’à leur mort au fond du canyon. J’ai repéré deux cours d’eau derrière le col de Larrondo, je m’y accroche pour avancer. 

Une fois passé le col, on descend rapidement, ô bonheur, dans un vallon très arboré et fabuleusement frais. Au bout d’à peu près un kilomètre, je tombe sur une cabane nichée au bord du sentier, dans un cadre idyllique : une fontaine coule à flot, et il y a de la belle herbe bien moelleuse à l’ombre. Je rince pour la première fois mon sun hoodie, qui me semble déjà bien sentir la sueur. Va falloir le mettre pendant un mois, j’espère que ça ne va pas être trop horrible ! 

Je reprends mon chemin vers Elizondo, en ayant en tête de m’arrêter un peu avant d’arriver en ville, sur une aire de repos avec eau et table que j’ai repéré sur la carte. Une fois arrivée là-bas, je suis obligée de changer de plan : une bonne trentaine de chevaux vont et viennent librement sur l’aire. Ils sont bien curieux et s’approchent pas mal, alors je décide de descendre en ville et de voir en chemin ce que je trouve pour installer la tente. 

Finalement rien de bien adapté jusqu’à Elizondo, je ne trouve aucun spot plat par contre je me casse la figure en glissant sur un rocher et je m’amoche un peu la jambe. J’arrive en ville un peu fatiguée, et avec un look de bonne crado : les jambes pleines de terre et un mollet en sang. J’espérais un peu y trouver une aire de bivouac comme à Lizuniaga mais pas de bol, ça n’existe pas. L’office de tourisme me conseille de continuer vers les Aldudes ou de trouver un hôtel. J’aurais probablement pu dormir un peu à l’arrache en bordure de la ville mais étant une femme je ne suis pas archi rassurée à l’idée de camper proche de la civilisation, et il est encore un peu tôt dans ma HRP pour prendre la confiance sur mes lieux de bivouac. Je décide donc de me trouver une chambre quelque part, tant pis si je n’avais pas prévu de dormir dans du dur (et surtout dans du payant) si vite. 

Je passe donc la soirée en ville, où la température reste suffocante même à la tombée de la nuit. Je fais un super ravito au Dia du coin, pas cher et plein de choix, et mange une gigantesque empanada au thon avec une bière. Je recroise quelques HRPistes ici avec lesquels je discute un peu. Après avoir fait deux semaines sur la transalpes l’an dernier en ne croisant que deux autres transalpistes, je m’attendais un peu à la même chose sur la HRP. Je commence à déjà me rendre compte qu’au contraire, le chemin a bien gagné en popularité depuis quelques années et que je vais croiser de très nombreux HRPistes au cours de mon mois de traversée !

HRP jour 1 : d’Hendaye au Col de Lizuniaga

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Départ pour cette HRP un peu à l’arrache, je me suis vraiment décidé il y a à peine une semaine, ça me titillait pas mal et j’avais pile 35 jours de dispo, donc j’ai décidé de tenter le coup. J’ai juste acheté en vitesse le nouveau topo de Marie Millet et suis partie avec un sac pas du tout UL, après avoir fait la bêtise aux Etats-Unis d’avoir acheté trop vite un sac UL pas cher en fripe mais pas adapté à mon gabarit. J’hésite au moment d’aller prendre mon train pour Hendaye mais j’ai pas trop le choix, je vais être obligée de partir avec mon Osprey Sirrus 44 et ses 1.6 kilos à vide. 

Niveau matos, je n’ai investi dans rien de particulier, j’ai juste mon équipement habituel, avec comme simple ajout un sun hoodie Uniqlo qui m’a déjà bien servi pendant mes trois mois aux Etats Unis. Étant une énorme fan du forum randonner-léger et des fils reddit américains qui discutent de matos, j’ai quand même un sac raisonnablement léger à sec : il doit tourner autour des 7 kilos sans eau ni nourriture. Au plus lourd du voyage, je vais faire une montée atroce après un ravito beaucoup trop craquage, et encore je pense que mon sac ne devait pas dépasser les 12 kilos. 

Mais en ce premier jour de traversée, je quitte Hendaye rapidement et je croise dès le début Sophie, une première HRPiste ! Je suis toujours trop contente de croiser des filles qui marchent toutes seules en montagne, et sur une itinérance exigeante comme la HRP ça me ravit encore plus. On marche ensemble pendant une bonne heure en discutant de comment on s’est retrouvées là, de nos précédentes expériences de trek solo, et du fait qu’on sait ni l’une ni l’autre trop quoi faire de nos vies côté pro. Elle réfléchit à bosser dans une salle de grimpe, et moi je n’ose pas lui dire, sentiment d’illégitimité oblige, que de mon côté l’AMM me parle de plus en plus.

On se sépare quand ça commence à bien monter, je suis en bonne forme donc j’ai envie d’aller à mon rythme. Je commence cette traversée en pleine canicule, et les jours qui viennent vont être très éprouvants. La montée jusqu’au Col d’Ibardin se fait assez facilement, et me voilà déjà en Espagne ! Il y a largement de quoi s’acheter à manger pour le midi, probablement même de quoi faire un vrai ravito. 

Quelques kilomètres après le col d’Ibardin, j’apprends une nouvelle vraiment mauvaise concernant ma famille. Je n’ai pas trop d’informations, je ne sais pas quoi faire : continuer mon chemin en attendant d’en savoir plus ou rebrousser chemin, rejoindre Hendaye et reprendre le train pour rentrer chez moi ? Je suis bien déboussolée par ces nouvelles et doit m’arrêter au bord d’une piste bordée de palombière pour réfléchir. Je suis en train de me décider à rejoindre au moins le col de Lizuniaga ce soir, quand un randonneur arrive à toute vitesse. Il arbore un sac Durston flambant neuf orné d’un piolet, visiblement un HRPiste. Quelque part, cette rencontre éclair me motive à continuer, j’irai à Lizuniaga ce soir !

J’ai décidé d’éviter la Rhune pour faire un départ en douceur, alors je prends la variante au sud (indiquée par le topo de Marie Millet) pour rejoindre le col de Lizuniaga. Le sentier a assez peu d’intérêt pour le reste de la journée, avec pas mal de sections sur pistes forestières et même un petit bout de départementale à suivre. Si j’avais su, j’aurais fait l’effort (pas si compliqué) de passer par la Rhune. 

Au col de Lizuniaga, il y a un robinet d’eau et un terrain libre, en face de l’auberge, sur lequel le bivouac est autorisé. Sinon, pas mal de spots en continuant la HRP, et aussi de l’eau régulièrement. Surtout, plein de palombières … je suppose que c’est pas franchement autorisé, mais ça donne bien envie de dormir sur la plateforme d’une d’entre elles !

TransAlpes jour 12 : de Tignes au refuge de la Femma

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Une fois n’est pas coutume, le temps semble clément aujourd’hui ! Le bivouac étant interdit dans le cœur du parc de la Vanoise, on a réservé il y a quelques jours deux places au refuge de la Femma, on enchaînera donc trois nuits dans du dur. En attendant, on profite du petit dej buffet de l’hôtel pour discuter de l’itinéraire du jour en se goinfrant de viennoiseries. 

Dès le début du sentier qui monte vers le col de Fresse, je comprends que la matinée va être très difficile. Je suis intolérante au lactose et j’ai perdu la raison au petit dej, rendue folle par ce fabuleux buffet. J’ai dû boire 4 tasses de café au lait et manger beaucoup trop de yaourt et de fromage, j’ai ULTRA mal au ventre. Je me traîne sur le sentier comme une loque en me tenant le ventre, je dois faire des pauses tout le temps pour réussir à digérer. La douleur commence enfin à s’estomper au niveau du col de Fresse, et une fois arrivée au col de Leisse, je me sens beaucoup mieux. 

C’est ici que notre itinéraire quitte le sentier balisé, pour se diriger droit vers un col sans nom entre la Pointe Boussac et la Pointe du Grand Pré. Cette section hors sentier n’est pas difficile, même si on avance lentement dans les éboulis qui mènent au col. Il n’y a que très peu de cairns mais l’orientation à vue est facile. Warren monte à la Pointe du Grand Pré à 3059m (avec un pas d’escalade facile et pas exposé), puis nous redescendons toujours en hors sentier vers la vallée. Il n’y a pas de cairns mais on s’oriente facilement vers un petit plateau sur lequel paissent des vaches. On rejoint le sentier au niveau d’un cours d’eau, et on ne le quittera plus jusqu’à arriver au refuge. 

Le refuge est situé dans une très jolie vallée mais il est bondé, nous devons être plus de  soixante. Pas de pot, on nous a mis dans le dortoir du refuge d’hiver : une grande pièce avec quatre bas-flanc et une bonne vingtaine de matelas collés les uns au autres. Pour le coup, on aurait préféré dormir au calme dans la tente. L’équipe semble sympa mais c’est un peu l’usine, les douches sont froides et le repas est sympa sans être exceptionnel. C’est pas franchement l’ambiance intimiste d’autres refuges moins accessibles ou plus petits, mais bon on fait avec. 

TransAlpes jour 11 : Tempête et repos !

On se réveille après une excellente nuit de sommeil à l’Archeboc mais on déchante assez rapidement en voyant la météo. Comme hier, un brouillard tenace semble bien installé. L’itinéraire du jour vers le refuge du Monal se fait en grande majorité en hors sentier et semble assez difficile. Avec cette mauvaise météo, on n’est pas sûrs que ce soit très malin de tenter le coup, on risque de louper un cairn ou une indication d’orientation et de se perdre. Le gardien nous conseille de plutôt descendre dans la vallée, vers Sainte-Foy-Tarentaise. 

Nous partons donc en direction du village, avec l’idée de marcher vers le Monal et d’aviser ensuite quant à notre lieu de bivouac. Il commence à bien pleuvoir, et la journée nous réserve principalement de longues sections de pistes forestières, avec en bruit de fond les voitures de la départementale… On n’hésite pas beaucoup avant de se décider à faire un petit coup de stop pour rejoindre au moins le refuge du Monal, peut-être même Tignes.

On se fait prendre sans trop attendre et notre conducteur nous dépose à côté du barrage de Tignes. La pluie tombe drue pendant que nous remontons vers la station. On se pose dans un café pour sécher et se réchauffer, et je me surprends à rêver que nous dormirions dans un vrai lit douillet cette nuit plutôt que sous la tente et les averses. Par curiosité, je regarde le prix des hôtels sur mon téléphone … C’est pas trop cher, je fais ma proposition à Warren, qui, par bonheur, accepte. Nous voilà partis pour une aprem repos et détente, de quoi recharger à fond les batteries pour la fin de notre voyage !

TransAlpes jour 10 : du refuge Albert Deffeyes au refuge de l’Archeboc

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On range la tente sous un brouillard persistant, qui ne se lèvera pas de la journée. Dommage, car le chemin du jour semble magnifique, il faudra revenir un jour pour pouvoir mieux en profiter ! On dépasse les lacs de Tachuy dans une atmosphère presque mystique conférée par la brume. L’arrivée au col du Tachuy est étonnante : le brouillard est tellement épais qu’on peine à comprendre par où il faut passer. Il n’y aucun passage technique, mais on ne voit rien, il n’y pas de sentier, et on doit traverser des névés en suivant des cairns qu’on distingue à peine. Après un temps d’hésitation, on arrive à rejoindre le sentier qui descend rapidement vers le lac du Petit : nous voilà de retour en France. Sur la descente, on croise nos deux compères transalpistes. Ce seront les seules personnes de croisées aujourd’hui sur les sentiers. 

Le chemin descend vers le plateau de la Sassière dans une ambiance magnifique malgré la pluie qui commence à tomber. Le brouillard se dissipe un peu, les rayons du soleil illuminent une plaine verdoyante, quasiment vide si ce n’est pour le joli refuge du Ruitor et un troupeau de moutons qui paissent tranquillement non loin de là. Nous sommes tous les deux saisis par l’ambiance paisible, idyllique qui règne ici. 

Nous décidons d’attendre au refuge que la pluie passe. Nous ne sommes que cinq, nous deux, les deux transalpistes et un alpiniste solitaire (qui me semble avoir un fort beau sac en dcf mais que je n’ose l’importuner). La pluie semble se calmer alors on décide de repartir, direction le refuge de l’Archeboc : ce soir on dort dans du dur !

On n’y voit pas plus que pendant la matinée et les sentiers sont détrempés, mais la perspective de prendre une douche chaude et de manger un bon repas nous fait pousser des ailes. On arrive rapidement au refuge, où on sera accueilli comme des rois. Il n’y a quasiment personne, alors on aura notre propre dortoir avec douche privée ! Le repas est copieux et délicieux, nous ne sommes que deux tablées et le gardien nous raconte des histoires de son passage au PGHM, l’ambiance est vraiment top. 

TransAlpes jour 9 : du lac d’Arpy au refuge Albert Deffeyes

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Réveil matinal aujourd’hui, on range la tente tôt histoire de ne pas se faire prendre à bivouaquer ici. La montée vers le Lago di Pietra Rossa / de la Pierre Rouge est agréable, et l’arrivée au lac magnifique : ambiance haute montagne assurée dans un cadre très minéral. 

On est aujourd’hui sur une étape avec un bon passage hors sentier pour rejoindre le refuge Albert Deffeyes. On se trompe de chemin au début, en suivant des cairns qui nous amènent trop à droite et trop en hauteur (ils visent en fait le sommet du Monte Colmet si je ne me trompe pas). D’autres cairns restent dans la combe qui monte vers le col sans nom que nous devons emprunter, en suivant une ligne relativement claire par la droite. 

Un névé bien raide occupe le centre de la combe, nous le contournons tant que possible par la droite mais le terrain devient de plus en plus instable, les pierres n’arrêtent pas de nous rouler sous les pieds, on avance très mal. Warren fait une courte tentative de passer par le névé. Horreur, il commence à glisser un peu, mais heureusement reprend pieds côté terrain qui se casse la figure : on n’en mène pas large ! Pour éviter une glissade de 200 m vers des bonnes grosses pierres qui attendent sous le névé, on décide de s’en tenir aux éboulis et on atteint difficilement le col. Sur notre première partie de Transalpes (on va s’arrêter une semaine plus tard vers le Mont Cenis), ça restera le seul passage qui nous aura vraiment fait peur. On y est passés mi-août, et ce névé final était assez impressionnant !

S’ensuit une descente parmi un champ de blocs pas trop abrupt, avant de retomber sur un sentier qui remonte en lacet vers le refuge Albert Deffeyes. La vue du refuge, sur le glacier du Ruitor et sur les sommets environnants est splendide. On installe la tente en contrebas du refuge, en face du glacier. Encore une fois la météo n’annonce rien de bon, mais pour le moment l’orage semble loin. 

TransAlpes jour 8 : de la combe d’Arminaz au Lac d’Arpy

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Dernière vue du massif du Mont Blanc ce matin, on prend longuement en photo les Grandes Jorasses puis on monte vers le fameux replat. Pas une seule personne en vue, l’endroit est désert. Vers le Lac d’Arminaz, on croise une bonne quinzaine de bouquetins, qui nous suivent du regard alors qu’on continue notre ascension vers le Colle Battaglione Aosta. Le chemin est un peu défoncé, l’érosion fait son chemin. En levant la tête pour essayer de distinguer le passage qui va nous mener au col, on croit de nouveau voir du mouvement, probablement le ou la randonneur.se repéré la veille !

Le col quant à lui est très minéral, mais ne semble pas difficile. On avait lu sur refuges.info des commentaires qui nous avaient un peu inquiétés, et on décide définitivement d’arrêter de trop regarder les fameux passages difficiles en amont : à chaque fois on passe en fait sans soucis, après avoir stressé pour pas grand chose. Il faut être prudent évidemment, mais bon il faut probablement prendre un peu confiance en nos capacités et prendre du recul par rapport aux avis de personnes dont on ne connaît pas le rapport à la montagne. 

Warren avance plus vite que moi et rejoint rapidement le col, et j’entends une conversation qui démarre. Arrivée en haut, je découvre deux randonneurs, un garçon et une fille de notre âge, en pleine discussion avec Warren sur l’itinéraire transalpes. Je jette un œil à leur matériel et suis très impressionnée par leurs sacs à dos, visiblement très légers et surtout cousus main. Ça me renvoie immédiatement aux longues heures (journées même) passées sur randonner-leger.org, et à tous les matos un peu bidouillé maison des internautes. Je leur pose la question, c’est bien là qu’ils ont trouvé le patron pour les sacs, et ils ont même cousu leurs propres duvets UL ! J’en reste baba, c’est vraiment trop impressionnant, surtout qu’ils me font essayer leur sac qui est vraiment confort. 

On reste un moment à discuter au col, puis ils reprennent leur chemin. Je les regarde descendre vers le vallon, ravie d’avoir rencontré pour la première fois d’autres utilisateurs du forum ! 

Après leur avoir donné un peu d’avance, on entame notre descente aussi, direction Morgex ce soir, en espérant trouver un endroit pour bivouaquer à la sortie de la ville. Le sentier est agréable au début, dans un joli vallon très vert, puis on rejoint une piste goudronnée (en dessous du Dos de Chambave) qui n’en finit pas. On retrouve le sourire au supermarché de Morgex devant tous les produits italiens, et la pizza sur la place principale nous comble de bonheur. 

Par hasard, on découvre l’existence d’une navette gratuite qui monte vers le lac d’Arpy. On hésite un peu, mais enfin le lieu sera certainement bien plus sympa pour poser la tente, et on vient déjà de se taper une section interminable sur du goudron. On peut donc peut-être zapper la montée au lac qui n’arrête pas de croiser les lacets de la route. En arrivant vers l’arrêt, on y retrouve nos deux compagnons de transalpes. C’est décidé, on prendra tous le bus, tant pis si c’est un peu de la triche ! 

La navette (horaires dispo sur le site internet de la commune de Morgex) nous dépose à côté d’un restaurant qui a l’air sympa. On proposerait bien un verre aux deux compères pour continuer notre discussion, mais ils semblent assez pressés d’avancer alors on les laisse partir devant. Quand on arrive au lac d’Arpy, il ne reste que quelques baladeurs à la journée qui s’en vont rapidement : officiellement, le bivouac est interdit ici. On imagine que les deux transalpistes sont montés au Lago di Pietra Rossa qui est au-dessus de 2500m : il est autorisé d’y planter la tente. On décide de rester ici, on installera la tente tard et dans un coin un peu planqué, et on partira très tôt demain. 

TransAlpes jour 7 :  du bivacco Fiorio à la comba di Arminaz

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Dès le réveil, le ciel n’a rien d’engageant. Les nuages sont gris et bas : l’orage menace déjà. On se dépêche de quitter le bivacco et on redescend vers la vallée côté Italie le long d’un sentier en zigzag sur un éperon. Un peu technique sous la pluie qui ne tarde pas à tomber, mais on arrive rapidement au Rifugio Elena. L’averse s’intensifie et des premiers coups de tonnerre se font entendre alors qu’on pousse la porte du refuge. La pause n’était pas prévue mais on la savoure quand même avec un caffè latte et une pâtisserie bien gourmande. 

Nous sommes plusieurs à attendre que l’orage se calme pour continuer notre journée, et vers 10h une accalmie semble arriver. Ni une ni deux, nous repartons : ce soir nous voulons bivouaquer sous le Colle Battaglione Aosta, et il nous reste une petite trotte. Nous revoilà sur le parcours du TMB jusqu’au Rifugio Bonatti, et nous croisons une file quasi ininterrompue de TMBistes par moment ! La première heure de marche est franchement morose : les nuages sombres demeurent bien bas et nous sommes toute une foule à patauger sur le sentier détrempé. 

Alors que nous arrivons en vue du Rifugio Bonatti, le temps s’améliore et les nuages se dissipent, faisant apparaître à notre droite le somptueux versant italien des Grandes Jorasses. Le refuge est bondé, il y a énormément de monde et notamment de touristes internationaux, mais on profite quand même de son agréable terrasse pour faire une pause. 

En fin d’aprem, on repart vers la comba di Arminaz, sous un ciel plutôt menaçant. Nous quittons définitivement le TMB : plus personne sur le chemin. On pose la tente juste après un alpage, et pas très loin d’une cabane en pierre en assez mauvais état (le tza de Sécheron d’après ma carte). L’orage gronde quelque part au-dessus des montagnes, mais restera haut et lointain toute la nuit. Un peu plus haut, sur le replat du lago d’Arminaz, on a l’impression de distinguer quelqu’un. Serait-ce le premier transalpiste de notre traversée ? Le col a l’air très peu fréquenté d’après ce qu’on a pu voir en ligne, et on sait que le replat en question est un spot de bivouac listé sur le récit du Yéti … Les probabilités sont minces, il peut très bien s’agir tout simplement d’un randonneur désireux de s’éloigner des foules du TMB. On verra bien demain, peut-être qu’on le ou la rattrapera ! 

TransAlpes jour 6 : de la Fouly au bivacco Fiorio

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Revigorés par une bonne nuit de sommeil et un dîner conséquent, on se lève de bon matin et on plie rapidement le camp. L’orage est annoncé pour 13h et on a un passage réputé “difficile” à passer, je préfère qu’on s’active pour ne pas s’y retrouver quand ça pète. 

Notre itinéraire est commun avec le TMB pour le premier kilomètre, puis on retrouve un sentier moins fréquenté pour remonter vers le Crêtet de la Gouille. A partir de là, la montée vers le Petit Col Ferret se fait dans d’agréables alpages peu fréquentés. Je ne suis pas totalement à l’aise parce que je redoute le fameux passage difficile que j’ai repéré sur les cartes, mais finalement aucune difficulté technique jusqu’au col, et pas non plus jusqu’au bivacco. 

On y arrive sous un soleil radieux et on prend le temps d’explorer un peu les environs. La vue sur le Mont Dolent et surtout sur le glacier Pré de Bard est exceptionnelle. On n’a pas l’habitude d’être aussi proche d’un glacier, et on passe tout le début de l’après-midi à l’observer et à l’écouter. Au bout d’une heure ou deux, un couple arrive et choisit de s’installer dans l’ancien bivacco, un peu plus bas sur les rochers. On profite de la sérénité du lieu au soleil, allongés sur un banc devant notre demeure du jour. Après-midi de rêve. 

Alors qu’on commence à se dire qu’il ne va jamais y avoir d’orage et qu’on aurait pu pousser un peu plus loin, le temps tourne en début de soirée. Le ciel s’assombrit, les nuages se rassemblent et descendent rapidement sur nous. J’ai peur des orages et je n’en mène pas large. On se carapate dans notre bivacco et on attend que l’orage arrive. Rapidement, des éclairs strient le ciel, des flashs éclatants nous éblouissent et des coups de tonnerre fracassant retentissent. L’orage éclate fort, et visiblement pas loin de nous. Le bivacco est à plus de 2700m, et ça doit taper sur des crêtes proches. Par moment, on a l’impression que le sol tremble sous le choc du tonnerre. 

Les éclairs commencent à s’espacer une bonne heure et demie plus tard, mais l’orage reste proche. Soudain, dans une ambiance film catastrophe, des coups retentissent contre la porte. Deux alpinistes espagnols sont montés en plein orage, ils sont trempés et transis de froid. On baragouine avec eux pendant que l’accalmie s’installe. Ils comptent faire l’ascension du Mont Dolent le lendemain, c’est assez incertain vu la météo prévue, mais ils sont montés en disant qu’ils verraient bien au petit matin. 

Des petites crottes de souris jonchent les lits du haut donc on se répartit les couchettes inférieures, après avoir bien suspendu nos sacs pour ne pas avoir de mauvaise surprise au réveil. Les matelas sont assez confortables, et on dort très bien pour notre première nuit en Italie.