HRP jour 13 : de Gavarnie au Cirque de Troumouse

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Je me sens un peu plus en forme aujourd’hui, et dit au revoir au cirque de Gavarnie pour aller voir celui d’Estaubé et de Troumouse. Je croise un anglais avec qui je monte jusqu’au refuge des Espuguettes, où je l’informe que je dois faire une pause obligatoire : mes règles sont arrivées ! Je comprends mieux ma fatigue d’hier, je suis toujours HS quand j’ai mes règles (et malheureusement, ça va durer plusieurs jours !). 

Après m’être occupée de l’urgence règle, je me remets en route avec l’espoir de rattraper mon compagnon de route, qui a continué vers la hourquette d’Alan. La solitude commence à me peser un peu, et j’aurai trouvé sympa qu’on marche un peu plus ensemble. Je ne le recroise pas et décide de faire une petite pause au col, histoire de profiter une dernière fois de la vue sur le cirque de Gavarnie. J’en profite pour écouter la conversation d’un membre du PGHM et d’un autre randonneurs sur les différents passages pour basculer côté espagnol. J’avais envisagé de passer par la brèche de Tuquerouye, mais les pyrénéistes d’hier m’avaient déconseillé de m’y aventurer seule. Le gendarme raconte justement qu’une randonneuse s’est blessée là il y a quelques jours après avoir fait une glissade sur plusieurs centaines de mètres. L’anecdote me décide à éviter le passage, d’autant qu’un gros orage est annoncé dans l’après-midi. 

Aujourd’hui aussi, il y a pas mal de monde sur les chemins : ce n’est clairement pas la partie la plus sauvage de la HRP (bien qu’elle demeure très belle), et les sentiers sont très accessibles, y compris en voiture. Je trouve un endroit ou pique-niquer tranquillement face au cirque d’Estaubé, adossée à une pierre qui me cache du chemin. Mais la météo commence déjà à se gâter et je décide de remettre rapidement en route vers le cirque de Troumouse. Alors que j’avance vers le lac des Gloriettes, l’orage se rapproche très vite, et plusieurs dizaines de randonneurs convergent vers le barrage et son parking pour s’abriter dans leurs voitures. 

Mais je n’ai pas ce choix, alors je décide de pousser jusqu’à l’auberge du Maillet pour me réfugier. J’avais prévu de trouver un endroit où bivouaquer, mais le combo règles et rando me met complètement KO : je décide de rester dormir à l’auberge, et d’aviser le lendemain pour le trajet à emprunter pour basculer côté espagnol. 

Finalement, je vais être tellement HS que j’y resterai deux nuits, le temps de me sentir un peu plus en forme pour me remettre en route ! Je n’avais pas du tout pensé à prendre en compte la fatigue liée à mes règles dans mon projet de HRP, et finalement j’ai eu une grosse période de vide pendant une bonne semaine suite à celles-ci. L’effort constant déployé chaque jour pour marcher, mon sac un peu trop lourd, et un manque de réflexion côté alimentation ont aggravé le tout je suppose, de même que la solitude qui a été plus importante à partir de cette étape. 

HRP jour 12 : de la plaine du Vignemale à Gavarnie

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Je me lève tôt et prends mon petit dej sur ma pierre-chaise longue, en profitant de la lumière du matin sur le Vignemale. La HRP commence aujourd’hui par monter à la hourquette d’Ossoue, à 2734 m, en s’approchant graduellement de cette splendide face nord. Le sentier serpente agréablement, et les vues sur le glacier des Oulettes de Gaubes sont de plus en plus belles, mais je sens que je ne suis pas très en forme et avance lentement. 

J’avais prévu de monter au Petit Vignemale, à 3032 m, mais finalement je ne me sens pas les jambes d’y aller, alors même que cela ne demande qu’à peine 300 mètres de dénivelé supplémentaires, le tout sans sac. Je décide de redescendre plutôt rapidement sur Gavarnie, où j’ai prévu de dormir soit dans du dur soit au camping, histoire de prendre une vraie douche et de recharger mon portable. La descente est plus longue qu’il n’y paraît, bien qu’elle soit très belle. Je passe devant les drôles de grottes creusées par Russell, qui sont encore en très bon état et relativement épargnées par les déchets. 

Il y a pas mal de monde sur le sentier, et comme il y a quelques névés à traverser on n’avance pas très vite par moment. Toujours un peu dans les choux, je décide au niveau du barrage d’Ossoue de sortir du tracé HRP pour suivre la piste qui descend plus vite vers Gavarnie, avec l’espoir de peut-être faire un coup de stop pour rejoindre le village. Un kilomètre plus loin, ma chance arrive : une voiture passe et me prend ! Je rencontre ainsi deux anciens pyrénéistes qui descendent du refuge de Bayssellance, où ils étaient montés quelques jours pour tourner un documentaire sur la première ascension du Vignemale par une femme, Ann Lister, en 1838. 

Une fois déposée à Gavarnie, je me refais un ravito complet, profite d’une douche chaude au camping, et m’offre un combo pizza-glace-bière pour un dîner royal face au beau cirque. 

HRP jour 11 : de l’Ibon de las Ranas à la plaine du Vignemale

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Décidément, cette partie de la traversée est magnifique ! Cette journée sera probablement l’une des plus belles, si ce n’est la plus belle, de ma HRP. 

Je me réveille de bon matin, en pleine forme : j’ai l’impression que mes douleurs au mollet sont derrière moi. La HRP monte sur un joli chemin qui longe un torrent vers le Col de la Fâche et je me sens au top, j’avance à toute vitesse. Il est encore tôt quand j’arrive au lac qui précède le col, et je n’ai croisé personne. Mais se dresse devant moi un obstacle qui m’inquiète un peu. Un névé bien raide et assez conséquent occupe toute une partie de la montée vers le col, et je me sens peu sûre de moi. Si je glisse, je tombe direct dans le lac quelques dizaines de mètres plus bas, qui est visiblement très froid vu qu’il est encore en partie couvert de glace. Sans réseau et sans Garmin InReach ou autre PLB, je m’imagine (probablement trop rapidement) finir en hypothermie sévère … 

Je décide d’attendre au moins 15/20 minutes, voir si quelqu’un arrive. Quitte à glisser, j’aimerai autant que quelqu’un le sache. Sinon tant pis, j’essaierai de passer. Heureusement, trois espagnols arrivent au bout d’un quart d’heure et je fais le passage avec eux. Devant la raideur du névé, ils décident de le contourner par le haut, et on le dépasse en quelques minutes. Ouf, une première frayeur de passée ! 

Je les laisse au col et commence ma descente vers le Refuge Wallon Macadau. C’est assez long, mais le vallon m’enchante ! C’est très vert, l’eau coule à flot, je suis décidément sous le charme du Parc national. Je pique nique au abords du refuge super moderne le temps d’avaler un énième sandwich pata negra (qui commencent déjà à un peu me dégoûter), et j’entreprends la seconde ascension de la journée, vers les lacs d’Aratille et leur col. 

Si le vallon du Macadau m’avait déjà charmée, je garde un souvenir vraiment idyllique de cette montée. Le premier lac d’Arratille est très beau et je m’autorise une pause assez longue sur ses berges. Le chemin vers le second lac se perd rapidement dans un pierrier cairné. Je me trompe de cairn et suis obligée de rebrousser chemin. Mais je suis rassurée, pas de névés en vue ! L’expérience du matin m’a suffit pour la journée. 

Le passage entre le col d’Arratille et le col des Mulets est superbe. Indiquée comme légèrement difficile dans mon topo, je n’y vois pas trop de difficultés. C’est un beau chemin en balcon dans le pierrier, qui longe une ligne de niveau et offre une jolie vue sur un nouveau vallon avant de remonter vers le dernier col de la journée. Surtout, il offre une première belle vue du Vignemale et de sa face ouest. 

La descente du Col de Mulets vers la plaine du Vignemale se fait sans encombre : quelques névés mais sans risque ou très simples à contourner. Au tournant d’un des lacets qui descend vers la plaine, la vue s’ouvre soudainement sur la face nord du Vignemale. Après tant de splendeurs déjà décrites, je suis à court de superlatifs et pourtant c’est probablement avec les Aiguilles d’Ansabère l’une des vues qui m’a le plus marqué. J’y suis retourné en septembre, à peine un mois et demi plus tard, deux jours de suite, pour admirer cette montagne qui m’a tant impressionnée. 

Il y a beaucoup de monde qui a déjà posé la tente sur l’aire autorisée de bivouac (alors qu’il est tout juste 17h…), mais je trouve un spot super. Un peu caché derrière deux gros rochers, il dispose surtout d’un luxe exceptionnel : une sorte de chaise longue naturelle dans la courbe de l’un des rochers, avec vue sur la face nord du Vignemale. J’y passerai toute la soirée, absorbée par la contemplation de celle-ci. 

HRP jour 10 : du Lac de Pombie au Ibon de las Ranas

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La journée commence par une bonne descente, facile, à travers les troupeaux de vaches et de chevaux jusqu’au Gave du Brousset et l’étonnant Caillou de Soques. Ensuite, une montée régulière mène au Col d’Arrious et à la première difficulté notée dans mon topo : le passage d’Orteig, réputé assez vertigineux. 

Effectivement il y a un peu de gaz, mais c’est surtout splendide : la vue sur le lac d’Artouste, 300 mètres plus bas, est magnifique. Le chemin est étroit mais sans difficulté et très largement chaîné. Quelques cairns plus loin, je descends vers le Lac d’Arrémoulit et son refuge en travaux. Encore une fois, la vue est somptueuse ! Je pique nique sur une belle pierre lisse au soleil, en contrebas du chemin, et décide de profiter de l’atmosphère une bonne heure avant de repartir vers le Col d’Arrémoulit pour basculer de nouveau en Espagne. 

Décidément, le tracé de la journée est merveilleux : la descente sur le versant espagnol et vers le Refuge de Respumoso se fait le long d’une suite de lacs splendides, qui recèlent d’endroits idylliques où bivouaquer. 

Mais je veux au moins dépasser Respumoso ce soir, afin de rester à jour sur ma découpe prévisionnelle d’étapes. Je n’ai que 36 jours en tout et pour tout de disponibles (en comptant les jours de repos), avant de rejoindre mon copain pour finir notre Transalpes : je dois avancer si je veux finir. Ce sera probablement mon plus grand regret du voyage : avancer coûte que coûte, au détriment du plaisir de savourer les paysages, mais aussi et surtout de ma forme physique et mentale, pour finir à tout prix ma HRP avant le 4 août. J’y aurai trouvé une détermination que je ne me connaissais pas, mais je me suis épuisée à avancer sans respecter mon rythme ni mes envies. 

Officiellement le bivouac est interdit par ici, mais de très nombreux cercles de bivouacs sont déjà occupés. Après une pause au Refuge de Respumoso, j’avance jusqu’au Ibon de la Ranas pour trouver un spot correct, pas très plat mais disposant d’une belle vue sur ce laquet. 

HRP jour 9 : de Candanchu au Refuge de Pombie

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Après un petit dej très copieux, je me mets en route vers Astun et sa station de ski sans âme. La journée commence par 2/3 kilomètres sur le goudron, mais heureusement ce seront quasiment les derniers de la traversée ! Pour ne rien changer, mon ascension vers le Col des Moines se fait dans la brume, avec très peu de visibilité. J’essaie au col de distinguer le Pic du Midi d’Ossau sans succès et décide de descendre au Lac Castérau pour le pique nique. Pas mal de monde ici, mais la vue se dégage : c’est splendide !

Détails importants et systématiquement vrai sur toute ma traversée à partir d’ici : je croise de l’eau à profusion, plusieurs fois par jour. Je décide donc d’adopter une technique ultra light légèrement risquée : ne porter que le minimum d’eau (la plupart du temps maximum 50 cl dans une de mes bouteilles plastiques). Finalement, ma poche à eau de 2L ne m’aura servi quasiment que pour la canicule et le Pays Basque et pour les deux derniers jours en arrivant vers la Méditerranée.

 La montée vers le Pic du Midi d’Ossau est super agréable. Je suis en pleine forme malgré une douleur encore un peu présente dans le mollet, j’avance très vite et double tout le monde : c’est plutôt bête mais je suis contente. Le sommet restera mystérieux tout au long de la journée, toujours un peu caché derrière les nuages.

J’arrive au Refuge de Pombie un peu avant 17h : il y a déjà pas mal de tentes plantées autour du lac, le lieu est visiblement pas mal fréquenté. Je me trouve quand même un spot sympa, avec à la fois une belle vue sur le Pic du Midi d’Ossau et la sensation d’être assez isolée des autres campeurs derrière plusieurs rochers. 

HRP jour 8 : des Cabanes d’Ansabère à Candanchu

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Nuit difficile : le patou nous a rendu une visite mouvementée vers 3h, en aboyant sur nos tentes à tour de rôle pendant une bonne heure. Je me lève la première, et décide de commencer à avancer seule : aujourd’hui j’ai prévu une petite magouille pour doubler deux étapes. Je vais descendre en Espagne sur le GR 11 pour viser Candanchu dès ce soir, plutôt que de suivre la HRP classique qui remonte vers le Refuge d’Arlet. 

A cette heure avancée, la brume recouvre tout et je commence ma journée sans rien voir du paysage. Comme nous étions arrivés hier sous un ciel couvert, je n’avais déjà pas pu voir les fameuses Aiguilles d’Ansabère. J’arrive rapidement au lac d’Ansabe, où paissent paisiblement quelques chevaux, et me retourne pour assister à un spectacle phénoménal. La Grande Aiguille d’Ansabère se découvre, une splendide face lisse de plusieurs centaines de mètres. J’en reste scotchée. Je repense à mon séjour récent à Yosemite, au fait d’avoir été légèrement déçue devant la vallée tant attendue et son Half Dome mythique. Ici, devant une formation dont l’existence m’était encore inconnue il y a quelques jours, j’ai le souffle coupé face à tant de beauté inattendue. Je monte très lentement vers la crête qui me fera basculer vers l’Espagne : comme aimantée par le paysage, je ne cesse de me retourner pour le contempler. 

Six mois après avoir complété ma traversée, la découverte des Aiguilles d’Ansabère reste pour moi le premier émerveillement de ma HRP. J’avais vu de beaux paysages avant, et en verrai de magnifiques bientôt, mais cette splendide face de la Grande Aiguille d’Ansabère qui se dégage des nuages reste l’un des plus beaux moments de mon mois de marche. 

La descente côté espagnol se fait très facilement, et j’arrive en fond de vallée à toute vitesse. Après avoir rempli mes gourdes, je me lance sur le GR 11. Au lieu d’emprunter le nouveau tracé du GR, qui longe le Rio Aragon Subordan par le nord, je suis d’anciens marquages, sans trop faire attention, qui me mène à une route goudronnée. Je m’y engage en espérant que le chemin s’en éloignera rapidement, mais il la suit en fait pendant 6 bons kilomètres. 

Un peu fâchée de mon erreur, et pas ultra impressionnée par le paysage non plus, je commence à me sentir déçue de mon astuce (prendre le GR 11 plutôt que la HRP). Je change rapidement d’avis en arrivant au niveau de la vallée du Humedal de Aguas Tuertas, qui est absolument splendide. Je pique nique sur un rocher pour profiter de la vue, puis remonte tranquillement la vallée avant de repasser en France au Pas de l’Escalé. C’est ici ma première incursion dans la Parc National des Pyrénées, où je rejoins vite la HRP classique. 

La journée commence à être un peu longue et ma douleur dans le mollet se réveille sérieusement quand mon chemin débouche sur une route. Il faut marcher sur le bord de la route pendant un petit kilomètre avant de pouvoir s’en éloigner (légèrement) mais de continuer à la longer. Un bruit de moteur se rapproche alors je me décide vite à tendre le pouce, et je suis prise par deux espagnols super sympas et très inquiets par mon entêtement à reprendre ma marche le lendemain malgré mes douleurs. 

Dans la voiture, j’avise des prix plutôt bas dans l’hôtel Snö Candanchu et un petit dej qui semble gargantuesque, alors je décide d’y aller plutôt que de viser l’auberge. De toute façon, je dois passer à Candanchu pour faire ravito à l’épicerie !

Le ravito est très décevant au vu des étagères peu achalandées, mais je n’ai pas d’autres possibilités alors je prends ce qu’il y a. C’est ma rencontre avec la pâté espagnol low cost « La Piara / Tapa Negra », qui va m’accompagner pendant une bonne partie de ma traversée et dont la vue me rendrait un peu malade aujourd’hui.

HRP jour 7 : du Refuge de Belagua aux Cabanes d’Ansabère

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Première très très belle journée d’après moi sur la HRP. A partir de là, toutes mes journées de marche vont m’amener dans des paysages à tomber par terre !

Départ tardif ce matin avec l’équipe improvisée hier soir : la météo n’est clairement pas excellente mais on hésite quand même à passer par un sommet sympa … On finit par se décider pour la Table des trois rois : le « leader » de notre groupe, un alpiniste espagnol d’une soixantaine d’années très très en forme, nous convainc de tenter le coup ! Un sacré personnage que cet Arturo : après avoir parcouru le GR 11 il y a quelques années, il est cette fois-ci en train d’enchaîner GR10 d’est en ouest puis HRP pour le chemin retour. 

Nous quittons le refuge et suivons le GR 12, qui traverse la réserve intégrale d’Ukerdi, jusqu’au Anaieko Lepoa, à 2086 mètres. Le ciel est bien couvert et les nuages commencent à tomber bas, mais nous décidons de continuer vers le sommet. Pour gagner du temps, nous essayons de couper tout droit dans le pierrier derrière le col, en suivant grosso modo la courbe de niveau 1950m. Grossière erreur : le pierrier est dégueulasse, nous roule sous les pieds, l’inclinaison est assez forte et la végétation trop éparse pour retenir quoi que ce soit. On finit par rejoindre le Col des Ourlets, mais en ayant perdu pas mal de temps. 

A partir d’ici on suit un chemin cairné plutôt bien dessiné au début puis rapidement, comme on s’enfonce dans les lapiaz, plus difficile à suivre. Les cairns deviennent très très nombreux, on décide de les suivre sans chercher à rester sur un chemin donné, supposants que tous doivent mener à la Table des Trois Rois. 

Le passage sur lapiaz est très beau, parfois impressionnant, on enjambe des brèches profondes de plusieurs mètres et on pose le pieds sur des rochers semblants prêts à rouler au fond de crevasses. Quelques passage sont assez verticaux, mais il est probablement possible de les éviter en suivant mieux un chemin réel. On arrive assez rapidement à un ressaut final qui nous mène facilement à un replat séparant le sommet principal de la Table des Trois Rois (2446m) à son sommet secondaire (2421m). A partir d’ici la montée au premier peut se faire en l’abordant par l’est ou en le contournant pour passe par l’ouest (plus facile). On arrive au sommet et, excellente surprise, la vue se dégage suffisamment pour que nous ayons par intermittence de très belles vues à quasi 360°. 

Notre descente vers les Cabanes d’Ansabère se fait ensuite sans encombre. Comme pour la première partie de la journée, nous croisons très peu de monde. Nous arrivons aux cabanes assez tard, et dans une atmosphère inattendue : le berger a invité des copains pour la soirée, il y a de la musique, des bières qui refroidissent dans l’abreuvoir et plein d’enfants ! Aucune place dans les cabanes évidemment, mais le berger nous propose de dormir un peu plus loin : on ne l’embêtera pas, on risque juste d’avoir une visite du patou pendant la nuit. Mais comme il nous dit, de toute façon par ici il y a des alpages et des patous partout ! On posera donc les tentes à l’endroit recommandé, après avoir acheté une bonne part d’excellent fromage au berger.

HRP jour 6 : des Chalets d’Iraty au Refuge de Belagua

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Départ solo ce matin, je suis réveillée et prête alors que les autres prennent leur petit dej, alors je décide de commencer toute seule. La brume recouvre totalement le paysage, et le sentier serpente dans des alpages qui se découvrent difficilement. Aujourd’hui, la HRP monte au Pic d’Orhy, premier 2000 de la traversée. 

Le chemin sous la crête (petits lacets pour descendre de la crête visibles à droite)

On suit un chemin plutôt bien tracé pour y monter, avec un passage en crête bien sympa vers la moitié de l’ascension. On arrive ensuite à un petit collet qui comporte à mon sens la première (petite) difficulté de la HRP : soit on passe tout droit par l’arête (quelques pas d’escalade pas exposés pour arriver sur la crête puis une traversée un peu expo pour le coup), ou en suivant le topo de Marie Millet, on suit une petite sente cairnée qui descend à gauche en lacets très serrés, longe le bas de l’arête, puis remonte pour en rejoindre la fin. Ensuite on atteint rapidement le sommet : jolie mer de nuage ! J’y croise un randonneur déjà rencontré hier, puis un peu plus loin deux autres. A partir de là, je vais fréquemment revoir les mêmes personnes. 

Le brouillard reste épais et bas toute la journée, et le trajet est encore long vers le Refuge du Belagua. Les traversées d’alpages se succèdent tout l’aprem, je me perds un peu sur le fameux GR12 mal balisé : pas évident dans la brume de repérer les plots rouge et blanc à plus de 5 ou 10 mètres. 

J’arrive totalement rincée et surtout assoiffée au refuge : quasi pas d’eau sur le trajet ! Quelques sources timides au milieu des alpages, mais beaucoup trop souillées à mon goût vu le nombre de vaches et de bouses. Un robinet quelques centaines de mètres avant d’arriver au refuge, mais sinon rien de la journée … 

J’avais prévu d’essayer de bivouaquer autour du refuge (ce qui me semblait faisable vu les infos de mon topo), mais la gardienne n’est pas de cet avis, alors je décide de m’offrir une seconde nuit dans du dur ! Je commence à croiser du monde que je connais déjà au refuge, la soirée se déroule agréablement et je me trouve une petite équipe pour l’étape du lendemain. 

Plusieurs tracés sont possibles : suivre la HRP sur une étape réputée assez difficile niveau orientation, récupérer le GR10 pour passer par Lescun, ou passer par un sommet au choix : Pic d’Anie, Table des trois rois, etc. La météo annonçant de l’orage pour le lendemain, nous décidons de reporter au matin le choix de l’itinéraire.

HRP jour 5 : du refuge d’Azpegui au Chalets d’Iraty

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Notre petit groupe nouvellement formé quitte le refuge d’Azpegui vers 8h dans un épais brouillard. J’ai encore un peu mal au mollet mais il m’élance moins qu’hier et j’espère que je vais pouvoir marcher jusqu’à Iraty ce soir. Jusqu’ici, mon plus long trek a été ma traversée en 2024 de Sixt-Fer–à-Cheval au Mont Cenis : 15 jours et autour de 15/20 km pour 1200 m de D+ en moyenne par jour. La découpe d’étapes que j’envisage pour la HRP (c’est-à-dire celle proposée par Marie Millet dans son topo) est donc un peu plus ambitieuse. On va voir comment je tiens, il faudra peut-être m’adapter. 

Nous suivons aujourd’hui le GR12, avec quelques sections en hors sentiers pour longer les crêtes. C’est un drôle de GR, visiblement peu emprunté et peu entretenu. Dans le brouillard et à travers les champs de fougères, on a pas mal de difficulté à suivre le balisage (les plots marqués rouge et blanc sont plus courts que les fougères !). On se trompe un peu mais on arrive toujours à retomber assez rapidement sur le chemin. 

Au bout de quelques heures, nous faisons une pause au bord d’un ruisseau, le temps de faire sécher nos chaussettes trempées (la faute aux nombreuses traversées de champs de fougère). Un couple arrive dans l’autre sens, ce sont des HRPistes qui viennent de Banyuls ! Si j’avais déjà rencontré quelques randonneurs qui effectuaient la traversée d’est en ouest, je n’en avais croisé aucun jusqu’ici qui était en train de la faire d’une traite. Nous échangeons assez longuement avec eux : quels ont été les passages les plus difficiles ? Restait-il beaucoup de névés dans la partie centrale dans la traversée ? Quels refuges recommandent-ils ? Quelles variantes ? Etc. 

Notre après-midi se déroule sans encombre, dans un brouillard toujours épais. Nous arrivons en fin d’après-midi vers l’aire naturelle de camping-cars Etxola. Il y a là une salle de bain en libre accès avec eau courante, WC propre, électricité (et prises) et surtout plusieurs douches avec eau chaude (!!). Il y a largement de quoi bivouaquer au bord de la rivière qui coule au fond de ce vallon, mais nous décidons de remonter jusqu’à Iraty sans profiter de ce bivouac de luxe : la journée de demain s’annonce déjà suffisamment longue. 

A Iraty nous attend une épicerie, petite mais disposant d’éléments de bases de ravito (assez cher mais de bons produits), et surtout un super food truck de crêpes ! Pour 18 euros, il est possible de dormir dans du dur dans des chambres à deux avec salle de bains et cuisine partagées aux Chalets d’Iraty (se renseigner à l’office de tourisme). Avec un peu de chance, vous serez même tout seul dans votre chambre, il n’y avait quasiment personne quand nous y sommes allés (le 3 juillet) ! Sinon, large emplacement de bivouac en dessous du Chalet. 

HRP jour 4 : des Aldudes au refuge d’Azpegui

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Je me réveille de bon matin, avec l’envie de partir avant le mec creepy d’hier pour ne pas avoir à le recroiser sur les sentiers. Malheureusement sa tente n’est déjà plus là, j’ai plus qu’à espérer qu’il soit reparti dans l’autre sens. Je discute un peu avec deux HRPistes qui viennent de Banyuls et qui sont sur la fin de leur traversée, puis je me mets en route. 

Un brouillard épais recouvre les collines environnant les Aldudes, et je monte avec une visibilité très limitée dans les alpages. Pas de chance, je tombe rapidement sur l’homme d’hier. Je le dépasse en lui disant à peine bonjour, et je presse le pas histoire de ne plus le recroiser. 

Je croise pas mal de spots très correct pour bivouaquer sur le chemin, avec plusieurs replats herbeux pas trop loin de sources. C’est décidé, la prochaine fois que je ne le sens pas de dormir quelque part, j’essaierai d’aller un peu plus loin, après tout pas mal de spots peuvent se prêter à un bivouac rapide ! 

En descendant vers le col de Meharroztegi, je loupe vraisemblablement la sente qu’emprunte la HRP, et décide de suivre une courbe de niveau pour contourner l’Errola et récupérer le chemin quelque part. Je suis jusqu’à la taille dans la végétation trempée, c’est pas bien agréable et en même temps je suis contente, je me dis que je fais “le sanglier”, comme je l’avais lu sur les forums ! 

La journée est vraiment solitaire, je n’ai pas croisé une seule personne depuis le randonneur louche de ce matin, ça commence à me faire un peu bizarre. S’il faisait beau ce serait probablement plus sympa, mais mettre un pied devant l’autre dans le brouillard sans rien voir du paysage commence à devenir un peu rébarbatif au bout de 3 ou 4 heures. J’ai un petit coup de blues vers le sommet de Lindus, je me sens bien seule. 

Je fais une petite pause pour me changer un peu les idées, le temps de me faire chauffer un café et d’avaler une barre, puis je commence à descendre du petit sommet. On n’y voit toujours rien, mais je commence à croiser un peu de monde. Et puis une fois arrivée au Col de Roncevaux, c’est une vraie foule que je rejoins : la HRP rencontre ici un des chemins de Compostelle. 

Je croise énormément de pèlerins, j’hallucine totalement. Je ne savais pas du tout que le chemin était fréquenté à ce point là, c’est peut-être même pire que le TMB. Je dis pèlerins mais en fait il y a l’air d’avoir beaucoup de monde qui se balade à la journée, avec des tout petits sacs, voire rien du tout, et pas trop des looks de randonneurs. Il y a plein d’étrangers, je croise une bonne quinzaine d’états-uniens et plein de personnes asiatiques. Je repense à une fille que j’ai rencontré dans le train, qui venait de Corée juste pour passer une semaine sur le camino… Ça me dépasse un peu. 

Quelques kilomètres plus loin et une bonne vingtaine de “buen camino” plus tard, la HRP quitte le chemin de Compostelle et continue sa traversée d’alpages brumeux. Un peu avant d’arriver au refuge d’Azpegui, je commence à sentir des douleurs dans mon mollet droit. Le temps d’atteindre la cabane, une douleur aiguë s’est installée. J’y suis peut-être allée un peu fort en ce début de HRP, les dénivelés ne sont pas très importants mais je fais les étapes du topo, probablement un peu longue par rapport à mes habitudes de marche. 

Le refuge d’Azpegui

Je suis rejointe rapidement par le groupe de copains déjà croisé hier aux Aldudes, et aussi par Sophie, la HRPiste solitaire croisée à Hendaye. On discute pendant un bon moment des différentes variantes à venir, des récits qu’on a lu en ligne de précédentes traversées, de notre matos, etc. Je suis bien contente de sociabiliser un peu après cette journée très solitaire, ça me remonte le moral. On décide de marcher ensemble le lendemain, la météo devrait rester à la grisaille alors au moins ce sera sympa d’être à plusieurs !