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Ce matin, on se réveille tous les deux avec l’estomac en vrac. Peut-être est-ce l’eau opaque du petit laquet avant le col de l’Infernet ? On l’avait filtrée au Sawyer, mais c’est vrai qu’elle était vraiment sale. Un peu plus loin, assoiffés, on avait bu sans la filtrer de l’eau d’un petit torrent vers le lac long, peut-être aurait-il fallu la filtrer.
On repart donc en forme toute relative, et avalons difficilement le dénivelé jusqu’au pas de la Couletta. S’en suivent deux descentes puis remontées, vers le col du Vallonnet puis le col de Mallemort, qui nous semblent n’en plus finir. A l’état normal ce serait banal ; ce jour-là c’est interminable.
Une fois le dernier col franchi, nous avisons Larche en contrebas, qui apparaît comme une oasis : à nous la civilisation, les toilettes propres et le repos bien mérité ! La descente vers le village nous paraît encore une fois interminable, mais nous tenons bon en pensant à toutes les bonnes choses que nous allons pouvoir manger à midi.
A Larche, nous commençons par nous offrir un vrai repas chaud en terrasse, à La Bonne Fourchette. Pas mal d’options simples mais bonnes, type salade et burger, et une (mini) épicerie à ravito spéciale randonneurs, plutôt chère et pas bien achalandée. Pour compléter ce ravitaillement incomplet, on fait un détour par le camping du domaine des marmottes, à 300 m du village. Celui-ci dispose d’une petite épicerie bien plus complète, de quoi refaire un bon stock de vivres avant le prochain ravito qui ne sera que dans 3 ou 4 jours, à Isola 2000.
Mes intestins dansant toujours la java, j’ai bien envie d’en arrêter là pour cette journée et de passer une nuit relativement luxe et détente au camping. Mais nous sommes deux, et mon compagnon allant lui beaucoup mieux, nous décidons d’un compromis. Nous irons jusqu’au lac du Lauzanier ce soir, mais prendrons la navette gratuite qui va de Larche au début de la vallée de l’Ubayette (arrêt “Pont rouge”), histoire de louper quelques kilomètres sur piste forestière.
Une fois arrivée dans cette agréable vallée très fréquentée, il ne nous reste que quelques kilomètres et 400 mètres de dénivelé à franchir, qui me semblent être au moins le double. Je me traîne sur le sentier, l’estomac en vrac et le moral dans les chaussettes : je n’ai plus aucune force. Honnêtement, je me dis que j’ai déjà fait la HRP en juillet, que j’ai déjà “coché” mon gros projet, et surtout que mon corps a déjà beaucoup subi. J’ai l’impression que mon corps me lâche, et que le mental ne suffit plus à compenser. Je m’endors sans aucune motivation, avec une envie qui commence à poindre et à s’assumer : peut-être demain redescendrai-je seule vers Larche.
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