TransAlpes sud, jour 11 : du rifugio Genova-Figari au bivacco Moncalieri

Bivacco Moncalieri, Gelas

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Départ matinal vers le colle delle Fenestrelle. On aimerait dormir au bivacco Moncalieri ce soir, et le passage pour y arriver semble un peu difficile, alors on préfère le faire en début d’aprem pour prendre le temps d’y aller tranquille. 

Au colle delle Fenestrelle, on essaie de deviner, sur le versant nord de la cime du Gélas qui nous fait face, le fameux chemin pour atteindre le bivacco. En plissant les yeux et en comparant avec notre topo, il nous semble peut-être distinguer les différents passages.

On descend rapidement vers le rifugio Soria Ellena, où il y a déjà beaucoup de randonneurs bien qu’il soit encore tôt : il y a un parking pas loin. On trouve l’accueil pas exceptionnel et on n’accroche pas trop à l’ambiance du refuge, alors on ne traîne pas. 

Vers 2400m, on profite d’un joli replat pour pique niquer face au colle delle Fenestrelle et aux belles faces minérales qui l’entourent. On observe un trio d’alpinistes descendre lentement de la Forcella Roccati, dans des éboulis visiblement mauvais qui se dérobent sous leurs pas. Une fois ce passage technique passé, nous les suivons du regard tandis qu’ils se dirigent vers le sentier du passaggio dei Ghiacciai, et nous sommes rassurés d’avoir du monde devant nous. 

Finalement, le passage n’est pas si mal : l’ambiance est splendide, on se croirait sur la lune, et la moraine tient plutôt bien sous nos pieds. Le passaggio dei Ghiacciai n’est pas trop mal indiqué, et il y a juste un petit pas de désescalade, juste avant de remonter vers l’arête qui cache le bivacco, dans lequel mon sac trop lourd m’entraîne un peu vers le bas. Ensuite, on monte facilement sur l’arête, qu’on suit sur quelques mètres (passage bien aérien) avant d’en redescendre de l’autre côté, pour arriver directement sur le bivacco. 

Nous y retrouvons les alpinistes que nous avions observés un peu plus tôt, qui se révèlent bien plus accueillants que les randonneurs italiens croisés lors de notre dernière nuit en bivacco. L’eau de fonte du glacier coule à flot sur le sentier en contrebas, et on profite d’une cafetière italienne laissée au bivacco (avec café moulu !) pour nous offrir un bon espresso. Ensuite ce sera après-midi farniente sur les rochers qui entourent la cabane, avec un petit bouquetin pas du tout farouche qui prend le soleil près de nous. 

Pendant la nuit, je me réveille avec une envie pressante d’uriner. Je sors sans faire de bruit de la cabane et m’installe tranquillement pour faire mon affaire. Comme je dormais avec des boules quiès, je ne m’étais pas rendue compte que l’orage tonnait. Là, installée sur mon petit rocher, je vois les nuages violacés de l’orage se heurter aux sommets et les éclairs blafards zébrer le ciel. Fascinée par le spectacle, je reste là un bon moment. Tout d’un coup, en tournant la tête,le faisceau de ma frontale accroche deux points brillants, puis d’autres : quatre paires d’yeux m’entourent. Le jeune bouquetin de cet après-midi est revenu, accompagné de trois autres, dont un tout petit. L’atmosphère est presque mystique, entre les couleurs de l’orage et la présence si proche de ces beaux animaux. 

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