TransAlpes sud, jour 14 : du Mangiabo au Monte Grammondo

Bivouac sous l'orage au Monte Grammondo

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C’est déjà l’avant-dernière journée de notre traversée, et quoique nous soyons tristes de nous approcher de la fin, nous commençons à rêver d’une bonne douche ! Ce n’est pas encore pour aujourd’hui, mais notre retour à la civilisation à Sospel nous enchante tout de même. On y prévoit un ravito gargantuesque, histoire de fêter la fin de notre épopée. 

Le chemin serpente agréablement toute la matinée dans une garrigue dont les effluves chauffées par le soleil sentent bon le sud. La température augmente rapidement et nous ne croisons plus une source. Heureusement, la descente vers la ville n’est pas longue, et nous y trouvons tout ce dont nous rêvions. On s’offre un super deuxième petit déj à la très bonne boulangerie de Sospel, puis on décide de prendre le soleil en terrasse avec un coca bien frais. Un peu avant midi, on passe faire un ravito plaisir au petit supermarché de la ville, complété par de copieux pains bagnats qu’on prend lors d’un second passage à la boulangerie. Et c’est parti pour la dernière ascension de la Trans’Alpes, direction le Monte Grammondo !

La montée se fait difficilement : la chaleur est étouffante et on a chargé nos gourdes au maximum, comme nous ne devrions pas croiser de sources d’ici Menton. Nous arrivons au sommet en fin d’après-midi. D’ici, la méditerranée est omniprésente ! La vue plongeante sur Menton est superbe, et nous profitons d’un bon dernier repas dans la nature en discutant des plus beaux passages de notre périple. 

On a déjà installé la tente quand on observe que des nuages très bas commencent à se former. Très vite, ils s’épaississent suffisamment pour que nous fassions face à une vraie mer de nuage. Aucun orage n’était annoncé ce soir, mais je commence à m’inquiéter de notre lieu de bivouac. Si jamais ça pète, nous sommes non seulement au sommet le plus haut du coin, mais en plus celui-ci est orné d’une belle et immense croix en métal. On vérifie le radar météo sur meteoblue plusieurs fois, tandis que de gros nuages commencent à se former au-dessus de nous. Rapidement, le temps tourne au pire : les nuages qui stagnaient dans la vallée se soulèvent pour rejoindre la masse nuageuse sombre qui nous surplombe et qui s’opacifie à vitesse grand V. 

On n’arrive pas à se mettre d’accord sur le fait de descendre ou non du sommet pour aller planter la tente ailleurs, alors on se retrouve bloqués là : la pluie se met à tomber plutôt violemment et nous nous réfugions sous la tente en espérant que la perturbation passe rapidement. Malheureusement, la pluie et l’orage vont durer une bonne heure, et surtout s’approcher méchamment de notre tente. Au début, je suis la seule à être stressée, persuadée que c’est totalement stupide d’être restés au sommet, là où nous sommes le plus exposés à la foudre. Le tonnerre semble se rapprocher, l’écart entre la foudre et les grondements se fait de plus en plus mince. 

Soudain, un éclair zèbre la tente et quasiment immédiatement nos tympans semblent exploser. Un tonnerre assourdissant se fait entendre tandis qu’une profonde vibration se fait sentir. Tétanisés, nous attendons la fin de l’orage sans faire un bruit, comme si nos voix pouvaient attirer la foudre encore plus près. Dans ma tête, j’ai l’impression qu’on pourrait bien y passer. L’orage dure longuement. De réguliers flashs illuminent la tente. Par deux fois, la foudre semble encore taper à quelques centaines de mètres de nous, avec presque aucun décalage entre l’éclair et le tonnerre. 

Après une heure qui nous semble durer une éternité, l’orage semble enfin s’éloigner. Nous restons longuement sous la tente, à ne plus oser sortir, trop perturbés par ce qu’on vient de vivre. Par les ouvertures de la tente, le ciel semble enfin s’éclaircir. Il fait maintenant nuit, mais les nuages ont disparu, et une belle lune claire répand sa lumière pâle sur la mer. 

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