En quelques années, j’ai largement réduit le poids de mon sac à dos de trek, qui contient quasiment la même chose que ce soit pour marcher 3 jours ou 1 mois. Je suis passée d’un poids de base (donc sans eau ni nourriture) d’environ 8 kg à moins de 5,5 kg. Cet article n’a pas vocation à répondre à toutes les questions autour du matos, et j’aurai du mal à synthétiser les centaines d’heures que j’ai passées sur le forum randonner-léger, sur Reddit, Youtube, Gearlab et cie. J’y donne néanmoins quelques conseils pour réduire son poids porté sans y laisser son salaire et vous partage ma liste perso de matos comme illustration.
Une sommaire s’annonce essentiel car quand on parle matos, j’ai du mal à rester concise :
Astuces en vrac pour réduire le poids de son sac et liens utiles
Côté vêtements
Si je ne devais donner qu’un conseil, ce serait celui-ci : ne portez pas plus d’UNE tenue pour le jour. Que ce soit sur un mois ou moins, je ne prends toujours qu’un seul t-shirt, et là, vive le mérinos ! Ok, sur la HRP j’ai triché, j’ai porté un t-shirt ET une brassière et j’ai randonné certains jours juste en brassière, ça compte comme deuxième tenue. Et pour le bas, qu’il pleuve ou qu’il neige, je suis en short de trail. Chacun sa philosophie mais je considère que si les PCTistes passent le Forester pass à 4009 mètres en short, je peux traverser les Alpes avec le même attirail.
Dans la même lignée, je ne porte jamais de sur-pantalon de pluie et j’emporte rarement ma veste Gore-tex mais plutôt une veste de trail ultra légère (j’ai celle-ci qui n’est plus vendue mais dans le genre pas trop cher il y en a des équivalentes chez kiprun). Si jamais il y a de grosses intempéries de prévues, je repère à l’avance les lieux de repli, prends éventuellement un jour off en cas d’orage toute une journée, ou au pire plante ma tente et me réfugie dedans (notamment en cas d’imprévus météo). Jusqu’ici, cette technique légèrement joueuse du matos de pluie ne m’a jamais joué de tour MAIS on est d’accord c’est joueur donc il faut avoir une bonne gestion du risque météo.
Pour les sous-vêtements et chaussettes, autorisez-vous une rechange de chaque si vous y tenez, mais pas la peine d’aller plus loin !
Pour avoir chaud le soir au bivouac, préférez une doudoune (certaines synthétiques ont un très bon ratio poids / chaleur si vous ne voulez pas acheter du duvet) aux polaires, beaucoup trop lourdes pour la chaleur qu’elles apportent.
Et basta, pas besoin de plus d’habits !
Côté “big three” : abri, système de couchage et sac à dos
Sur le big three, mon meilleur conseil est de ne pas y mettre un SMIC, et surtout si vous débutez l’itinérance, on sait jamais vous allez peut-être détester !
Des tentes légères et pas (trop) chères ça existe, franchement pas la peine d’investir dans du dyneema dès vos premiers treks. Personnellement, je fais vraiment confiance à Décathlon pour mes tentes et à sa gamme MT900 : j’ai la tente tarp une personne quand je suis seule (utilisée sur une cinquantaine de bivouacs et toujours aussi nickel), et en complément la tente dôme deux personnes. À 900 g et 1,7 kg, on reste sur de l’ultra léger ultra-fiable, avec un coût au gramme gagné défiant toute concurrence.
Ok, je rêve un jour d’avoir une tente Zpacks mais bon en vrai à moins qu’elle me tombe du ciel dans les mains je crois que je n’arriverai jamais à lâcher 1000 euros dedans. En attendant, ma prochaine étape ultra light ça sera plutôt de tester la nuit en tarp !
Pour ce qui est du matelas et du duvet / quilt, okayy, j’ai succombé aux sirènes de l’ultra light et j’ai bien investi au fil du temps. Je suis passée d’un duvet en synthétique Simond à un duvet Spark de chez Sea to Summit (guettez les promotions, assez fréquentes sur ce modèle) et j’ai quitté mon vieux matelas de camping pour un matelas très léger, très cher et très peu confortable Thermarest. Pour le coup, les options Decathlon me semblent moins compétitives sur le système de couchage : même leur gamme dite « ultra light » reste encore trop lourde et volumineuse à mon goût sur ces deux postes.
Ce que je porte dans mon sac pour l’itinérance et le bivouac
Répartition du poids de base
Poids de base : 5 329 g. Le gaz, l’eau et la nourriture ne sont pas inclus.
| Matériel | Usage | Poids | Mon avis |
|---|---|---|---|
| Poids total du sac | 5 540 g | 5 329 g de poids de base + 211 g de consommables | |
| Big Three 2 509 g | |||
| Black Diamond Beta Light 45 | Sac à dos | 890 g | Léger, modulable et ultra-résistant : parfait pour moi. Léger regret de ne pas avoir un beau sac Atelier Longue Distance, mais acheté à -40 %, celui-ci était imbattable. |
| Forclaz MT900 Tarp Tent 1P | Tente | 930 g | Rapport qualité-prix, et surtout poids-prix, imbattable. Une cinquantaine de nuits de bivouac et toujours en excellent état. |
| Therm-a-Rest NeoAir XLite NXT Small | Matelas | 326 g | Pas ultra-confortable, mais ultra-léger. |
| Sea to Summit Spark -1°C | Duvet | 363 g | Très léger et acheté à -40 %, donc j’en suis très heureuse. La version plus chaude serait cependant plus polyvalente. |
| Cuisine 600 g dont 211 g de consommables | |||
| Jetboil Flash | Réchaud | 371 g | Je fais avec pour l’instant malgré son poids. Je passerai probablement au combo Soto WindMaster + popote en titane pour ma prochaine aventure. |
| MSR IsoPro 110 g | Gaz | 211 g | — |
| Cuillère | Couvert | 18 g | — |
| Vêtements de rechange 1 000 g | |||
| Doudoune synthétique Simond | Isolation | 330 g | Légère et suffisamment chaude. |
| Collant Kari Traa 100 % mérinos | Tenue pour la nuit | 220 g | — |
| T-shirt 100 % mérinos manches longues Stoic | Tenue pour la nuit | 250 g | — |
| Vertical Shell Light Jkt W | Coupe-vent / imperméable | 130 g | Très légère, mais c’est un choix un peu risqué : ce n’est pas une très bonne couche contre les intempéries. |
| Culotte de rechange | 1 rechange | 30 g | — |
| Chaussettes de rechange | 1 rechange | 40 g | — |
| Hygiène 400 g | |||
| Crème solaire SPF50+ | Protection solaire | 165 g | Essentielle quand on passe son temps dehors. |
| Stick solaire SPF50+ | Protection du visage | 35 g | J’ai la peau très fragile, donc je prends un stick spécifiquement pour le visage. Ce serait probablement inutile pour beaucoup de monde. |
| Brosse à dents | Hygiène dentaire | 20 g | Le manche n’est toujours pas coupé. |
| Savon | Toilette | 40 g | Prendre simplement un morceau coupé ou un savon déjà bien utilisé. |
| Mini dentifrice | Hygiène dentaire | 30 g | — |
| Protections hygiéniques | 5 tampons + 5 serviettes | 40 g | — |
| Bandana | Hygiène | 40 g | Pee rag ou serviette selon les sorties. |
| Demi-rouleau de papier toilette | Hygiène | 30 g | — |
| Reste du sac 1 031 g | |||
| Drap de sac de trekking en soie MT500 | Drap de sac | 110 g | Peut sauter en fonction des sorties. |
| Poche à eau Décathlon 2 L | Transport de l’eau | 105 g | Peut également sauter en fonction des sorties. |
| Cocoon Drybag Ultralight 13 L × 2 | Rangement étanche | 96 g | Peut être remplacé par un sac plastique lambda. |
| Sawyer Mini | Filtre à eau | 37 g | Je ne le prends quasiment jamais : je filtre très rarement mon eau. |
| Petzl Actik Core | Lampe frontale | 88 g | Nickel : bonne puissance et alimentation polyvalente, sur batterie rechargeable comme sur piles. |
| Bouteille plastique 1 L | Transport de l’eau | 25 g | Ultra-light et difficile à battre. |
| Havaianas Slim | Chaussures de bivouac | 250 g | Des camp shoes un peu lourdes. |
| Lunettes de soleil + étui souple | Protection solaire | 45 g | — |
| INIU Pocket Pro 10 000 mAh | Batterie externe | 160 g | Recharge environ deux fois et demie mon téléphone. |
| Chargeur + câble USB-C | Électronique | 75 g | — |
| Clés | — | 40 g | — |
Les poids correspondent à mon matériel et peuvent évoluer selon la saison, l’altitude et l’itinéraire. Le poids total indiqué comprend le matériel consommable, mais pas l’eau ni la nourriture.
PS n°1 : Pour tout le côté hygiène et rando ultra légère, je vous laisse consulter mon article sur le sujet !
PS : Garmin inReach, essentiel ou pas pour les traversées engagées type HRP ?
Personnellement j’ai fait ma HRP sans, et je crois être l’une des seules personnes seules qui n’en avait pas que j’ai vues en juillet 2025. Ça m’a coûté la section du Portillon au Tuc de Molière que je n’ai pas effectuée car j’étais seule, sans réseau, et avais peur si je me blessais de ne pouvoir alerter personne. 300 euros (sans compter le coût de l’abonnement Garmin satellitaire) c’est un investissement conséquent, mais si vous avez les fonds pourquoi pas.
Aujourd’hui j’ai plus confiance en moi et je connais mieux mes capacités en montagne et je pense que si le choix s’offrait de nouveau à moi j’irais tenter ma chance du côté des Gourgs Blancs sans Garmin Inreach, et j’ai bien prévu d’y aller un de ces jours. Ça sera sans Garmin Inreach pour moi, à moins qu’un jour je me lance sur le Hayduke Trail. Nos montagnes européennes restent largement civilisées, et je n’ai pas l’impression d’y avoir besoin d’une connexion satellite.
PS n°2 : Allez pour le plaisir je partage aussi mon lighterpack 😉