HRP jour 19 : du camping Aneto à l’Estany Gran d’Anglios

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Acte manqué hier, j’ai “loupé” le bus que je comptais prendre pour aller faire un ravito à la ville d’à côté (Benasque), puis l’horaire de l’épicerie du camping : décidément, impossible de partir de ce fabuleux camping !

Mais aujourd’hui, il faut bien se remettre en route, pour une seconde journée sur un GR 11 qui s’annonce bien morose sur la matinée : piste forestière à gogo. A noter qu’il est possible de prendre un minibus, moyennant quelques euros, pour monter jusqu’au refugio Coronas et s’épargner six ou sept kilomètres de pistes. A partir de là, le chemin redevient d’ailleurs beaucoup plus sympa. 

Ensuite, la journée devient vraiment belle ! Je croise un peu de monde, mais le paysage est splendide, très minéral, et l’étape réputée difficile pour le GR est plutôt sympa. On passe notamment par l’un des points les plus hauts du GR 11, au Collado de Vallibierna (2729 m). Quelques randonneurs appellent même leurs familles ou amis en visio pour célébrer le passage !

La descente est ensuite plutôt raide et casse-patte vers le Refugi Cap de Llauset, qui détonne dans cet environnement très sauvage avec son architecture futuriste. La terrasse y est agréable et on peut y acheter quelques produits de base. Quelques emplacements de bivouacs sont disposés autour du lac (mais pas beaucoup, il vaut mieux arriver tôt car sinon il n’y a que de la caillasse partout), mais je décide de pousser jusqu’à la cabane d’Anglios. J’y rencontre deux HRPistes qui ont comme moi décidé de contourner les étapes autour du Portillon. On discute un moment puis je décide de poser ma tente en contrebas, au bord du bel Estany Gran d’Anglios.

HRP jour 17 : du camping El Forcallo au camping Aneto

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Aujourd’hui s’annonce une journée pleine de décisions ! Je me lève en grande hésitation quant à mon itinéraire du jour. 

Premier choix : suivre la HRP et aller voir du côté du Refuge de la Soula, puis du lac du Portillon, du Col des Gourgs Blancs et du col de Litérole. Des étapes mythiques de la HRP, celles réputées les plus dures mais aussi parmi les plus belles ! J’hésite énormément car j’ai peur de passer à côté des sections les plus “hautes montagnes” de la traversée, mais que je me sens depuis une bonne semaine en petite forme et que je redoute un peu de faire cette section entièrement seule. Le second choix, peut être plus rationnel mais beaucoup moins excitant, est de descendre sur le GR11 le temps de faire quelques étapes plus simples, avant de rejoindre la HRP en amont du Parc National d’Aigüestortes.  

Après une bonne demi-heure d’hésitation, à l’endroit où les deux sentiers se séparent, je décide de faire un détour par le GR. Je ne suis pas en forme, j’appréhende trop de traverser ces étapes en solitaire pour pouvoir y aller sereinement, et je n’ai aucune envie de passer les trois prochains jours en stress total ! Tant pis, ça fera une raison de plus pour revenir !

Je chemine donc tranquillement sur le GR, qui passe par le joli refuge d’Estos, en essayant de deviner derrière les sommets côté français le cheminement de la HRP. La descente dans ce joli vallon est très paisible, et le sentier passe à côté de plusieurs belles cascades. Les quelques derniers kilomètres avant d’atteindre la camping Aneto, où j’ai prévu de dormir, sont sur une piste forestière sans charme particulier mais l’arrivée au camping est grandiose : il y a non seulement une petite épicerie (très bien achalandée pour les randonneurs), mais même une pizzeria et une piscine ! A 16 euros le micro-emplacement, ça me semble un peu cher mais je suis très heureuse de goûter au luxe de la piscine !

HRP jour 16 : de la Cabane de Barrosa au camping El Forcallo

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J’ai bien profité de ma jolie cabane, mais malheureusement j’ai encore une fois très mal dormi ! Je sens dès le réveil que la journée va être longue… 

Je descends rapidement jusqu’à la route, que j’avais prévu de longer pour aller jusqu’à Parzan me ravitailler, mais je croise deux HRPistes dans le sens inverse qui me recommandent sérieusement de faire du stop : aucun passage n’est aménagé le long de la route pour les randonneurs, donc il faut soit se frayer un passage dans les broussailles sur plusieurs kilomètres, soit marcher “côté voitures”, qui sont limitées à 80 ! 

Le stop prend difficilement et j’attends bien 45 minutes avant de trouver quelqu’un pour m’amener jusqu’à Parzan. Le premier supermarché au bord de la route, “Solans” est correct pour y faire des petites courses même s’il est plutôt conçu pour les touristes frontaliers (beaucoup d’alcool et de tourons) que pour les randonneurs. J’y fait l’erreur d’acheter beaucoup trop de choses, et me retrouve avec un sac blindé au max pour reprendre la montée vers le paso de los Caballos. 

Le topo de Marie Millet décrit cette section comme interminable, et effectivement ça a été mon impression ! Si je devais le refaire, je ferais certainement le détour via Bielsa puis le collado de Pardinas : on me l’a chaudement recommandé à plusieurs reprises !

Cela dit, une fois arrivé au paso de los Caballos, la descente vers la vallée est des plus agréables. Je ne croise pas un chat, mais encore une fois de nombreux isards ! Le bivouac est officiellement interdit je crois (mais on peut peut-être poser la tente incognito tard, il y a plein de jolis endroits où s’installer) et il y a quelques cabanes (qui peuvent dépanner sans être des plus accueillantes) sur le chemin. Faute de me décider pour un spot de bivouac, j’arrive en fond de vallée et décide de me rabattre sur le camping “El Forcallo”. Bonne surprise, j’y recroise plusieurs HRPistes croisés en début de traversée, et on passe une soirée très sympa !

HRP jour 15 : de l’Auberge du Maillet à la Cabane de Barrosa

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Après une journée de repos la veille, je m’élance de bon matin sur la HRP avec l’idée de dormir quelque part entre les lacs de Barroude et Parzan ce soir. Pour la première fois de la traversée, une petite flèche “HRP” indique le chemin, du côté de la chapelle de Héas. La montée vers la hourquette de Héas se fait très facilement et sans que je croise personne. J’y fais une petite pause pour profiter de la vue : le passage est joliment découpé dans la roche, et la vue des deux côtés est splendide. 

Une petite heure plus tard, j’atteins la hourquette de Chermentas qui est un peu plus fréquentée, même si on reste bien loin des foules de Gavarnie, Estaubé et Troumouse. L’ambiance redevient plus sauvage ! Le chemin qui mène aux lacs de Barroude est charmant, serpentant en balcon le long de belles falaises. Si je n’y croise aucun randonneurs, je fais la rencontre d’une bonne vingtaine d’isards !

L’arrivée au lacs de Barroude est magnifique, et je suis bien heureuse d’avoir poussé jusque là ! J’avais un peu hésité à rejoindre l’Espagne plus tôt en passant par la brèche de Tuquerouye ou par le Port neuf de la Pinède depuis le cirque d’Estaubé, mais les falaises surplombant les lacs sont si belles que je suis ravie d’être ici ! A noter que ces deux passages sont bien empruntables (et réalisés par plusieurs HRPistes croisés plus tard), contrairement au passage au col de la Munia apparemment assez craignos. 

Il y a largement de quoi bivouaquer sur les bords du lac, et d’ailleurs évidemment certains ont déjà plantés la tente à 15h, mais je décide de pousser un peu et de dormir à la cabane de Barrosa, quelques kilomètres plus bas après avoir basculé en Espagne. J’ai de la chance, personne d’autre ne s’y arrête et je l’ai donc à moi seule pour la nuit !

HRP jour 13 : de Gavarnie au Cirque de Troumouse

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Je me sens un peu plus en forme aujourd’hui, et dit au revoir au cirque de Gavarnie pour aller voir celui d’Estaubé et de Troumouse. Je croise un anglais avec qui je monte jusqu’au refuge des Espuguettes, où je l’informe que je dois faire une pause obligatoire : mes règles sont arrivées ! Je comprends mieux ma fatigue d’hier, je suis toujours HS quand j’ai mes règles (et malheureusement, ça va durer plusieurs jours !). 

Après m’être occupée de l’urgence règle, je me remets en route avec l’espoir de rattraper mon compagnon de route, qui a continué vers la hourquette d’Alan. La solitude commence à me peser un peu, et j’aurai trouvé sympa qu’on marche un peu plus ensemble. Je ne le recroise pas et décide de faire une petite pause au col, histoire de profiter une dernière fois de la vue sur le cirque de Gavarnie. J’en profite pour écouter la conversation d’un membre du PGHM et d’un autre randonneurs sur les différents passages pour basculer côté espagnol. J’avais envisagé de passer par la brèche de Tuquerouye, mais les pyrénéistes d’hier m’avaient déconseillé de m’y aventurer seule. Le gendarme raconte justement qu’une randonneuse s’est blessée là il y a quelques jours après avoir fait une glissade sur plusieurs centaines de mètres. L’anecdote me décide à éviter le passage, d’autant qu’un gros orage est annoncé dans l’après-midi. 

Aujourd’hui aussi, il y a pas mal de monde sur les chemins : ce n’est clairement pas la partie la plus sauvage de la HRP (bien qu’elle demeure très belle), et les sentiers sont très accessibles, y compris en voiture. Je trouve un endroit ou pique-niquer tranquillement face au cirque d’Estaubé, adossée à une pierre qui me cache du chemin. Mais la météo commence déjà à se gâter et je décide de remettre rapidement en route vers le cirque de Troumouse. Alors que j’avance vers le lac des Gloriettes, l’orage se rapproche très vite, et plusieurs dizaines de randonneurs convergent vers le barrage et son parking pour s’abriter dans leurs voitures. 

Mais je n’ai pas ce choix, alors je décide de pousser jusqu’à l’auberge du Maillet pour me réfugier. J’avais prévu de trouver un endroit où bivouaquer, mais le combo règles et rando me met complètement KO : je décide de rester dormir à l’auberge, et d’aviser le lendemain pour le trajet à emprunter pour basculer côté espagnol. 

Finalement, je vais être tellement HS que j’y resterai deux nuits, le temps de me sentir un peu plus en forme pour me remettre en route ! Je n’avais pas du tout pensé à prendre en compte la fatigue liée à mes règles dans mon projet de HRP, et finalement j’ai eu une grosse période de vide pendant une bonne semaine suite à celles-ci. L’effort constant déployé chaque jour pour marcher, mon sac un peu trop lourd, et un manque de réflexion côté alimentation ont aggravé le tout je suppose, de même que la solitude qui a été plus importante à partir de cette étape. 

HRP jour 12 : de la plaine du Vignemale à Gavarnie

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Je me lève tôt et prends mon petit dej sur ma pierre-chaise longue, en profitant de la lumière du matin sur le Vignemale. La HRP commence aujourd’hui par monter à la hourquette d’Ossoue, à 2734 m, en s’approchant graduellement de cette splendide face nord. Le sentier serpente agréablement, et les vues sur le glacier des Oulettes de Gaubes sont de plus en plus belles, mais je sens que je ne suis pas très en forme et avance lentement. 

J’avais prévu de monter au Petit Vignemale, à 3032 m, mais finalement je ne me sens pas les jambes d’y aller, alors même que cela ne demande qu’à peine 300 mètres de dénivelé supplémentaires, le tout sans sac. Je décide de redescendre plutôt rapidement sur Gavarnie, où j’ai prévu de dormir soit dans du dur soit au camping, histoire de prendre une vraie douche et de recharger mon portable. La descente est plus longue qu’il n’y paraît, bien qu’elle soit très belle. Je passe devant les drôles de grottes creusées par Russell, qui sont encore en très bon état et relativement épargnées par les déchets. 

Il y a pas mal de monde sur le sentier, et comme il y a quelques névés à traverser on n’avance pas très vite par moment. Toujours un peu dans les choux, je décide au niveau du barrage d’Ossoue de sortir du tracé HRP pour suivre la piste qui descend plus vite vers Gavarnie, avec l’espoir de peut-être faire un coup de stop pour rejoindre le village. Un kilomètre plus loin, ma chance arrive : une voiture passe et me prend ! Je rencontre ainsi deux anciens pyrénéistes qui descendent du refuge de Bayssellance, où ils étaient montés quelques jours pour tourner un documentaire sur la première ascension du Vignemale par une femme, Ann Lister, en 1838. 

Une fois déposée à Gavarnie, je me refais un ravito complet, profite d’une douche chaude au camping, et m’offre un combo pizza-glace-bière pour un dîner royal face au beau cirque. 

HRP jour 11 : de l’Ibon de las Ranas à la plaine du Vignemale

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Décidément, cette partie de la traversée est magnifique ! Cette journée sera probablement l’une des plus belles, si ce n’est la plus belle, de ma HRP. 

Je me réveille de bon matin, en pleine forme : j’ai l’impression que mes douleurs au mollet sont derrière moi. La HRP monte sur un joli chemin qui longe un torrent vers le Col de la Fâche et je me sens au top, j’avance à toute vitesse. Il est encore tôt quand j’arrive au lac qui précède le col, et je n’ai croisé personne. Mais se dresse devant moi un obstacle qui m’inquiète un peu. Un névé bien raide et assez conséquent occupe toute une partie de la montée vers le col, et je me sens peu sûre de moi. Si je glisse, je tombe direct dans le lac quelques dizaines de mètres plus bas, qui est visiblement très froid vu qu’il est encore en partie couvert de glace. Sans réseau et sans Garmin InReach ou autre PLB, je m’imagine (probablement trop rapidement) finir en hypothermie sévère … 

Je décide d’attendre au moins 15/20 minutes, voir si quelqu’un arrive. Quitte à glisser, j’aimerai autant que quelqu’un le sache. Sinon tant pis, j’essaierai de passer. Heureusement, trois espagnols arrivent au bout d’un quart d’heure et je fais le passage avec eux. Devant la raideur du névé, ils décident de le contourner par le haut, et on le dépasse en quelques minutes. Ouf, une première frayeur de passée ! 

Je les laisse au col et commence ma descente vers le Refuge Wallon Macadau. C’est assez long, mais le vallon m’enchante ! C’est très vert, l’eau coule à flot, je suis décidément sous le charme du Parc national. Je pique nique au abords du refuge super moderne le temps d’avaler un énième sandwich pata negra (qui commencent déjà à un peu me dégoûter), et j’entreprends la seconde ascension de la journée, vers les lacs d’Aratille et leur col. 

Si le vallon du Macadau m’avait déjà charmée, je garde un souvenir vraiment idyllique de cette montée. Le premier lac d’Arratille est très beau et je m’autorise une pause assez longue sur ses berges. Le chemin vers le second lac se perd rapidement dans un pierrier cairné. Je me trompe de cairn et suis obligée de rebrousser chemin. Mais je suis rassurée, pas de névés en vue ! L’expérience du matin m’a suffit pour la journée. 

Le passage entre le col d’Arratille et le col des Mulets est superbe. Indiquée comme légèrement difficile dans mon topo, je n’y vois pas trop de difficultés. C’est un beau chemin en balcon dans le pierrier, qui longe une ligne de niveau et offre une jolie vue sur un nouveau vallon avant de remonter vers le dernier col de la journée. Surtout, il offre une première belle vue du Vignemale et de sa face ouest. 

La descente du Col de Mulets vers la plaine du Vignemale se fait sans encombre : quelques névés mais sans risque ou très simples à contourner. Au tournant d’un des lacets qui descend vers la plaine, la vue s’ouvre soudainement sur la face nord du Vignemale. Après tant de splendeurs déjà décrites, je suis à court de superlatifs et pourtant c’est probablement avec les Aiguilles d’Ansabère l’une des vues qui m’a le plus marqué. J’y suis retourné en septembre, à peine un mois et demi plus tard, deux jours de suite, pour admirer cette montagne qui m’a tant impressionnée. 

Il y a beaucoup de monde qui a déjà posé la tente sur l’aire autorisée de bivouac (alors qu’il est tout juste 17h…), mais je trouve un spot super. Un peu caché derrière deux gros rochers, il dispose surtout d’un luxe exceptionnel : une sorte de chaise longue naturelle dans la courbe de l’un des rochers, avec vue sur la face nord du Vignemale. J’y passerai toute la soirée, absorbée par la contemplation de celle-ci. 

HRP jour 10 : du Lac de Pombie au Ibon de las Ranas

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La journée commence par une bonne descente, facile, à travers les troupeaux de vaches et de chevaux jusqu’au Gave du Brousset et l’étonnant Caillou de Soques. Ensuite, une montée régulière mène au Col d’Arrious et à la première difficulté notée dans mon topo : le passage d’Orteig, réputé assez vertigineux. 

Effectivement il y a un peu de gaz, mais c’est surtout splendide : la vue sur le lac d’Artouste, 300 mètres plus bas, est magnifique. Le chemin est étroit mais sans difficulté et très largement chaîné. Quelques cairns plus loin, je descends vers le Lac d’Arrémoulit et son refuge en travaux. Encore une fois, la vue est somptueuse ! Je pique nique sur une belle pierre lisse au soleil, en contrebas du chemin, et décide de profiter de l’atmosphère une bonne heure avant de repartir vers le Col d’Arrémoulit pour basculer de nouveau en Espagne. 

Décidément, le tracé de la journée est merveilleux : la descente sur le versant espagnol et vers le Refuge de Respumoso se fait le long d’une suite de lacs splendides, qui recèlent d’endroits idylliques où bivouaquer. 

Mais je veux au moins dépasser Respumoso ce soir, afin de rester à jour sur ma découpe prévisionnelle d’étapes. Je n’ai que 36 jours en tout et pour tout de disponibles (en comptant les jours de repos), avant de rejoindre mon copain pour finir notre Transalpes : je dois avancer si je veux finir. Ce sera probablement mon plus grand regret du voyage : avancer coûte que coûte, au détriment du plaisir de savourer les paysages, mais aussi et surtout de ma forme physique et mentale, pour finir à tout prix ma HRP avant le 4 août. J’y aurai trouvé une détermination que je ne me connaissais pas, mais je me suis épuisée à avancer sans respecter mon rythme ni mes envies. 

Officiellement le bivouac est interdit par ici, mais de très nombreux cercles de bivouacs sont déjà occupés. Après une pause au Refuge de Respumoso, j’avance jusqu’au Ibon de la Ranas pour trouver un spot correct, pas très plat mais disposant d’une belle vue sur ce laquet. 

HRP jour 9 : de Candanchu au Refuge de Pombie

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Après un petit dej très copieux, je me mets en route vers Astun et sa station de ski sans âme. La journée commence par 2/3 kilomètres sur le goudron, mais heureusement ce seront quasiment les derniers de la traversée ! Pour ne rien changer, mon ascension vers le Col des Moines se fait dans la brume, avec très peu de visibilité. J’essaie au col de distinguer le Pic du Midi d’Ossau sans succès et décide de descendre au Lac Castérau pour le pique nique. Pas mal de monde ici, mais la vue se dégage : c’est splendide !

Détails importants et systématiquement vrai sur toute ma traversée à partir d’ici : je croise de l’eau à profusion, plusieurs fois par jour. Je décide donc d’adopter une technique ultra light légèrement risquée : ne porter que le minimum d’eau (la plupart du temps maximum 50 cl dans une de mes bouteilles plastiques). Finalement, ma poche à eau de 2L ne m’aura servi quasiment que pour la canicule et le Pays Basque et pour les deux derniers jours en arrivant vers la Méditerranée.

 La montée vers le Pic du Midi d’Ossau est super agréable. Je suis en pleine forme malgré une douleur encore un peu présente dans le mollet, j’avance très vite et double tout le monde : c’est plutôt bête mais je suis contente. Le sommet restera mystérieux tout au long de la journée, toujours un peu caché derrière les nuages.

J’arrive au Refuge de Pombie un peu avant 17h : il y a déjà pas mal de tentes plantées autour du lac, le lieu est visiblement pas mal fréquenté. Je me trouve quand même un spot sympa, avec à la fois une belle vue sur le Pic du Midi d’Ossau et la sensation d’être assez isolée des autres campeurs derrière plusieurs rochers. 

HRP jour 8 : des Cabanes d’Ansabère à Candanchu

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Nuit difficile : le patou nous a rendu une visite mouvementée vers 3h, en aboyant sur nos tentes à tour de rôle pendant une bonne heure. Je me lève la première, et décide de commencer à avancer seule : aujourd’hui j’ai prévu une petite magouille pour doubler deux étapes. Je vais descendre en Espagne sur le GR 11 pour viser Candanchu dès ce soir, plutôt que de suivre la HRP classique qui remonte vers le Refuge d’Arlet. 

A cette heure avancée, la brume recouvre tout et je commence ma journée sans rien voir du paysage. Comme nous étions arrivés hier sous un ciel couvert, je n’avais déjà pas pu voir les fameuses Aiguilles d’Ansabère. J’arrive rapidement au lac d’Ansabe, où paissent paisiblement quelques chevaux, et me retourne pour assister à un spectacle phénoménal. La Grande Aiguille d’Ansabère se découvre, une splendide face lisse de plusieurs centaines de mètres. J’en reste scotchée. Je repense à mon séjour récent à Yosemite, au fait d’avoir été légèrement déçue devant la vallée tant attendue et son Half Dome mythique. Ici, devant une formation dont l’existence m’était encore inconnue il y a quelques jours, j’ai le souffle coupé face à tant de beauté inattendue. Je monte très lentement vers la crête qui me fera basculer vers l’Espagne : comme aimantée par le paysage, je ne cesse de me retourner pour le contempler. 

Six mois après avoir complété ma traversée, la découverte des Aiguilles d’Ansabère reste pour moi le premier émerveillement de ma HRP. J’avais vu de beaux paysages avant, et en verrai de magnifiques bientôt, mais cette splendide face de la Grande Aiguille d’Ansabère qui se dégage des nuages reste l’un des plus beaux moments de mon mois de marche. 

La descente côté espagnol se fait très facilement, et j’arrive en fond de vallée à toute vitesse. Après avoir rempli mes gourdes, je me lance sur le GR 11. Au lieu d’emprunter le nouveau tracé du GR, qui longe le Rio Aragon Subordan par le nord, je suis d’anciens marquages, sans trop faire attention, qui me mène à une route goudronnée. Je m’y engage en espérant que le chemin s’en éloignera rapidement, mais il la suit en fait pendant 6 bons kilomètres. 

Un peu fâchée de mon erreur, et pas ultra impressionnée par le paysage non plus, je commence à me sentir déçue de mon astuce (prendre le GR 11 plutôt que la HRP). Je change rapidement d’avis en arrivant au niveau de la vallée du Humedal de Aguas Tuertas, qui est absolument splendide. Je pique nique sur un rocher pour profiter de la vue, puis remonte tranquillement la vallée avant de repasser en France au Pas de l’Escalé. C’est ici ma première incursion dans la Parc National des Pyrénées, où je rejoins vite la HRP classique. 

La journée commence à être un peu longue et ma douleur dans le mollet se réveille sérieusement quand mon chemin débouche sur une route. Il faut marcher sur le bord de la route pendant un petit kilomètre avant de pouvoir s’en éloigner (légèrement) mais de continuer à la longer. Un bruit de moteur se rapproche alors je me décide vite à tendre le pouce, et je suis prise par deux espagnols super sympas et très inquiets par mon entêtement à reprendre ma marche le lendemain malgré mes douleurs. 

Dans la voiture, j’avise des prix plutôt bas dans l’hôtel Snö Candanchu et un petit dej qui semble gargantuesque, alors je décide d’y aller plutôt que de viser l’auberge. De toute façon, je dois passer à Candanchu pour faire ravito à l’épicerie !

Le ravito est très décevant au vu des étagères peu achalandées, mais je n’ai pas d’autres possibilités alors je prends ce qu’il y a. C’est ma rencontre avec la pâté espagnol low cost « La Piara / Tapa Negra », qui va m’accompagner pendant une bonne partie de ma traversée et dont la vue me rendrait un peu malade aujourd’hui.