HRP jour 25 : du Pla de Baiau à Arinsal

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Réveil matinal ce matin et départ à l’aube. Le ciel est déjà bien obscurci, alors je me dépêche de grimper vers les lacs de Baiau et leur col. Mon compagnon de dîner d’hier m’a alerté que le col est l’un des plus difficiles du GR 11, on verra bien ce que ça donne !

Je ne croise pas un chat sur le sentier jusqu’aux lacs, mais trouve par terre un tour de cou, que je décide de dérober : ça sera mon souvenir de la HRP (et désolée pour la personne à qui je l’ai volé – je me suis dit qu’il y avait peu de chance que quelqu’un revienne le chercher par ce temps) ! 

En arrivant aux lacs, quelle n’est pas ma surprise de croiser les premiers randonneurs de la journée : un nouveau groupe de scouts réfugiés dans le refuge non gardé de Baiau, qui comptent y passer l’orage ! Ni une ni deux, je m’engage vers le col, et croise deux HRPistes qui en descendent et qui me confirment que la descente vers Arinsal est bien roulante de l’autre côté. L’ascension vers le Portella de Baiau se fait plutôt bien mais c’est vrai que la dernière section, ultra raide et sur du mauvais terrain schisteux, requiert un peu d’attention.

J’arrive au col alors que de bonnes rafales commencent à souffler et que les nuages s’abaissent, alors je ne traîne pas. Quelques kilomètres plus tard, j’aperçois les premiers signes de retour à la civilisation, et avant midi me voilà à Arinsal, attablée devant un café crème et un carrot cake ! 

Comme la météo est pourrie et que mes chaussures sont mortes, je décide carrément de prendre un car vers le Pas de la Case. Je vais louper une étape, en même temps ça n’aurait pas été la plus belle et je n’ai aucune envie de me forcer à marcher et surtout bivouaquer sous la pluie battante, encore moins avec des chaussures dont les semelles tiennent à peine. 

L’arrivée au Pas de la Case constitue un retour très brutal à la civilisation. La ville est franchement moche et consiste en un amoncellement de supermarchés pas chers qui débordent surtout d’alcool, de cigarettes et d’huile d’olive. Drôle d’ambiance. Je m’achète une nouvelle paire de chaussures, jette mes ultra raptor chéries à la poubelle, et rentre dormir de bonne heure. Je profite d’un miroir dans ma chambre pour vérifier l’état de ma fesse post-chute à Alos d’Isil : un énorme bleu noir mange tout le haut de ma cuisse.

HRP jour 24 : du refuge Bordes de Graus au Pla de Baiau

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Je dis adieu de bon matin à mes compagnons HRPistes car nos chemins se quittent. Eux suivent la HRP vers l’Ariège, et j’ai de mon côté choisi de shunter vers l’Andorre pour gagner un jour de traversée et surtout pour me racheter des chaussures. Après plus de 400 km, les miennes, qui n’étaient pas neuves, sont totalement mortes, s’ouvrent de tous les côtés, et je commence à avoir vraiment mal aux pieds après mes journées de marche. 

Je vise un bivouac au Pla de Boet ou de Baiau, dans le Vall Ferrera, pour pouvoir passer en Andorre tôt le lendemain, alors j’ai une grosse journée devant moi. Je me mets un podcast dans les oreilles pour dérouler, et j’avance à toute vitesse le long du riu de Lladore. Si vous décidez de couper vers l’Andorre comme moi, je recommande d’éventuellement faire du stop ici s’il y a des voitures : le tracé n’a aucun intérêt sur 6 ou 7 km. Sinon il y a l’itinéraire Porta del Cel en crête à suivre à partir de Tavascan, mais qui rate le très joli Pla de Boavi, que j’ai trouvé particulièrement idyllique. 

Une fois la section de route passée et le Pla de Boavi dépassé, on remonte dans un joli vallon vers le col de Baborte. De là, on atteint rapidement le lac de Baborte et son refuge non gardé, encore une fois bondé : les scouts espagnols sont de sortie !

Au Pla de Boet, deux options s’offrent à moi : continuer vers le Port de Boet qui débouche en Ariège, ou récupérer le GR 11 vers le Portella de Baiau et l’Andorre. Comme je cherche un retour à la civilisation et une boutique de chaussures, direction l’Andorre ! 

Je découvre sur un panneau que le bivouac est interdit dans tout le vallon jusqu’en Andorre … Il y a bien le refuge de Vall Ferrera pas loin, mais je trouve que j’ai déjà utilisé beaucoup de jokers refuges alors je décide de planter la tente quand même, mais en visant un coin un peu caché plus en hauteur. Je trouve mon bonheur vers le Pla de Baiau, et dîne avec un randonneur rencontré un peu plus tôt. On se couche de bonne heure : un orage est prévu demain matin de bonne heure, alors je vise de passer le col du Portella de Baiau, à 2777 m, le plus tôt possible. 

HRP jour 23 : d’Alós d’Isil au refuge Bordes de Graus

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Je quitte le joli refuge d’Alos d’Isil de bon matin, et m’engage sur la route en fond de vallée que suit la HRP sur quelques kilomètres. Au bout d’une vingtaine de minute, je croise un espagnol qui arrive en sens inverse, et qui me prévient d’un air effrayé qu’il vient de croiser un ours, un peu plus loin, qui traversait tranquillement le sentier !

Si des ours sont présents sur l’ensemble des Pyrénées, ils sont particulièrement concentrés dans les Pyrénées centrales et notamment en Ariège. Je savais bien que ce serait possible d’en apercevoir de loin, mais l’idée d’en rencontrer un en face à face m’inquiète un peu. Je décide de continuer seule, mais me sens peu à peu gagnée par l’appréhension en approchant du point de rencontre décrit par le randonneur espagnol. Je choisis donc d’attendre Sophie, que je sais être quelque part derrière moi, avant de reprendre la route. Effectivement, je l’entends arriver une dizaine de minutes plus tard, et nous décidons de continuer la journée à deux. 

La montée jusqu’au Coll de Cornella se fait plutôt bien, mais la redescente de l’autre côté est bien raide, sur du terrain schisteux qui se casse la figure. On descend lentement, pas trop sûres d’être sur le tracé mais en visant une sente qu’on voit une centaine de mètres plus bas. Après un court pique nique au bord d’un des lacs de la Tartera, on remonte en direction du Coll Curiós en hors sentier approximatif et un peu casse gueule. Une fois arrivées vers le col, on constate qu’il y avait pourtant bien un sentier qui y montait, qu’on a dû louper rapidement après être partie des lacs. 

A partir de là, le tracé redevient plutôt roulant jusqu’au Coll de Calberante, où une splendide vue s’ouvre sur la succession des lacs de la Gallina. S’ensuit une longue descente vers le hameau de Noarre, au gré des laquets, torrents et canyons creusés par l’eau, dans un bel environnement sauvage. J’avais envisagé de dormir au Refuge Mont-Roig Enric Pujol, mais il est déjà complet : un groupe scout exclusivement féminin y a élu domicile pour la nuit ! 

De notre côté, on décide de viser le camping du Refuge Bordes de Graus pour la nuit, et de s’offrir un bon repas chaud là-bas. On y retrouve quelques HRPistes déjà croisés, et c’est l’occasion de partager un dîner très copieux à la table de l’auberge, avec vin inclus dans le menu ! A noter qu’on peut acheter quelques trucs au refuge mais qu’ils ne sont pas bien achalandés, il faut faire le détour jusqu’au village de Tavascan (environ 2 km) pour un vrai ravito. 

HRP jour 22 : de Salardú à Alós d’Isil

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J’ai bien dormi cette nuit et je me lève pleine de joie pour la première fois depuis de nombreux jours : c’est décidé, je continue ! Je ne me l’explique pas, j’avais probablement simplement besoin de dormir, de reconnecter avec des humains, et manger davantage. En tout cas, en me levant ce matin, c’est clair : je veux continuer à marcher, j’ai le temps devant moi alors je vais simplement moins me stresser sur l’impératif de finir la traversée et marcher parce que j’aime ça, par pour atteindre Banyuls à tout prix. 

Je fais un coup de stop pour aller récupérer la HRP au Port de la Bonaigua, et commence l’une des très belles journées de la traversée. Je ne croiserai quasiment personne aujourd’hui, l’ambiance est sauvage, et toute une partie du tracé se fait en hors sentier : un parfait combo pour re-rentrer en pleine forme sur la HRP. 

Attention, très peu d’eau sur cette journée, c’est l’une des premières fois où ma stratégie minimaliste de port d’eau m’a joué des tours ! A part l’eau pas très claire des lacs et de quelques très rares sources qui les alimentent faiblement mais coulent lentement et se chargent donc de pas mal de saletés, rien de propre à boire avant la cabane d’Airoto. Avec un filtre ça passe évidemment mais simplement il n’y a pas beaucoup de cours d’eau donc bien se servir quand on en croise !

La journée se fait sans croiser personne, dans un environnement minéral assez sauvage et en grande partie sur des champs de blocs sporadiquement balisés (où alors j’en ai loupé ?). Je me perds à deux reprises entre l’Estany de Garrabea et le col d’Airoto mais finit par retrouver des balises en suivant grosso modo les courbes de niveau, ce que me semble faire aussi la HRP. 

La cabane d’Airoto est vraiment mignonne et bien aménagée, mais je décide de pousser jusqu’au refuge d’Alos d’Isil pour dormir. Après tout c’est mon premier jour de reprise “sereine” de la HRP, j’ai bien envie de finir la journée par un gros repas et par des discussions avec d’autres randonneurs pour ne pas retomber immédiatement dans la solitude !

Encore un peu de montée hors sentier vers le Collada del Clot de Moredo, puis la descente se fait assez tranquillement et longuement vers Alos d’Isil. Alors que je parcours de longues pentes herbeuses, quelques kilomètres avant le village, je me sens pousser des ailes et accélère pour arriver vite au refuge. Grave erreur, je glisse sur les herbes grasses et tombe de tout mon poids sur un bon rocher caché sous la végétation : j’y laisse la peau de ma fesse droite, entièrement arrachée par l’âpreté de la roche ! 

Une fois les saignements arrêtés, j’aurais le droit à un bleu de l’enfer qui va teinter de noir l’intégralité de ma fesse et du haut de ma cuisse pendant presque un mois : on croirait que je suis en train de devenir une zombie. 

Je descends donc toute penaude et arrive au refuge avec la jambe pleine de sang, en mode épopée apocalyptique. C’était super d’être remotivée par les sentiers, mais pour le coup j’y suis peut-être allé un peu fort ! Mais la soirée est super, le refuge est tenu par un jeune qui fait quasiment tout tout seul, et on y mange et dort bien. Les seuls clients de passage sont tous HRPistes, et j’ai la bonne surprise de retrouver parmi eux deux HRPistes, dont Sophie, l’autre fille qui voyage solo, que j’ai déjà croisés plusieurs fois depuis trois semaines ! 

HRP jour 21 : du Refugio de la Restanca à Salardú

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Réveil tardif ce matin, comme je ne compte que descendre à Salardú, j’ai vraiment tout mon temps. J’ai passé une bonne soirée hier, dans ce refuge que par ailleurs je ne recommande pas, trop cher d’après moi pour les services proposés (environ 70 euros la nuit sans douche et dans un dortoir de 12 sachant que le repas était maigre et qu’ils ont une route d’accès en voiture derrière le bâtiment …). Je suis ravie de payer ma part pour que les refuges puissent fonctionner mais honnêtement je recommande plutôt d’en viser d’autres plus sympas si vous avez une enveloppe refuge restreinte. 

Toujours est-il que j’y ai passé une très bonne soirée parce que j’y ai partagé la table d’une fille randonnant seule aussi, suivant la HRP d’est en ouest d’après le topo Trans’Pyr. Seulement la deuxième que je croise depuis le début, il y a maintenant 3 semaines ! Et celle-ci est en cours de formation accompagnatrice moyenne montagne, formation dont je rêve sans oser l’avouer à personne, tenaillée par un sérieux syndrome de l’imposteur. Bref, on a discuté toute la soirée, et j’ai été trop heureuse de rencontrer cette fille qui m’a bien inspirée ! Ça fait du bien de croiser des femmes en montagne !

En partie revigorée par cette rencontre, je descends à Salardú plus apaisée. J’y suis rapidement, et passe l’après-midi à ne rien faire. Je me laisse encore un jour de répit : je vais rester dormir dans le coin et demain matin je déciderai ce que je fais : pousser encore sur les quelque 300 km qui me restent à parcourir avant Banyuls, ou abandonner et redescendre en car vers Toulouse. 

HRP jour 20 : de l’Estany Gran d’Anglios au Refugio de la Restanca

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Splendide journée aujourd’hui quoique éprouvante ! Je me sens encore bien crevée physiquement et je commence à sentir que ça m’atteint mentalement, alors je me félicite d’avoir évité les passages les plus difficiles de la HRP. L’inconvénient, c’est que je ne saurai jamais : c’était peut-être pas si dur, ou je me suis peut-être trop dévalorisée, j’aurai peut-être pu y passer ! 

Sur ce sujet, j’ai eu une discussion quelques semaines plus tard, sur la toute fin de la Transalpes en descendant vers Menton, avec un camarade transalpiste qui avait fait la HRP l’année précédente. Il me disait justement que j’avais probablement fait l’erreur paradoxale de m’être trop renseignée en amont de cette section difficile de la HRP, notamment en lisant énormément de retours sur des forums. Sauf que chacun a sa propre perception de la difficulté, du danger, de ses capacités mentales et de ses aptitudes montagnardes. 

Et c’est sûr qu’après avoir traversé les Pyrénées et les Alpes sur des sentiers plutôt techniques, je me suis rendue compte que j’avais tendance à plutôt dévaloriser mes aptitudes en montagne. A l’inverse, j’ai clairement constaté que pas mal (beaucoup en fait) d’hommes n’avaient aucun souci à se croire d’emblée plus expérimentés que moi et avaient plutôt tendance à avoir une confiance démesurée envers leurs capacités en montagne. 

En tout cas, mon arrivée vers le splendide Parc national d’Aigüestortes s’est faite dans la douleur ! J’ai passé la journée à me traîner sur les sentiers complètement épuisée et pleine d’idées sombres. Le combo épuisement physique, solitude et sous-nutrition commençait déjà à se faire sentir depuis quelques jours voire une bonne semaine, mais ce jour là a vraiment été terrible. 

Un peu avant d’arriver au Refuge de la Restanca, je me prends une branche dans la tête et je tombe. Rien de méchant, mais je me mets à pleurer de manière incontrôlable. J’ai eu l’impression que tout lâchait d’un coup : la fatigue accumulée, le besoin d’échanger plus que quelques mots au détour d’un sentier avec un autre humain. Je repense à cette journée, un an plus tôt, sur la “partie Mont Blanc” de la Transalpes, où j’avais eu des idées noires toute la journée, épuisée par la marche. Sauf qu’à l’époque, je ne marchais pas seule mais avec mon compagnon. Alors est-ce que je vais tenir d’aller jusqu’à Banyuls toute seule dans cet état ? Est-ce que même j’en ai envie ? Mon idée de la HRP c’est de kiffer mes journées, de passer des heures magnifiques en montagne, pas de me traîner à la force du mental sur les chemins. 

Je décide de dormir au refuge et de descendre demain sur Salardú. De toute manière, je dois me refaire un ravito, alors ce sera l’occasion de choisir : continuer ou arrêter. J’ai repéré un bus qui mène de ce village à Vielha, et de là un autre qui va jusqu’à Toulouse. On verra demain matin mon état et mon envie. Peut-être arrêterai-je. 

HRP jour 19 : du camping Aneto à l’Estany Gran d’Anglios

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Acte manqué hier, j’ai “loupé” le bus que je comptais prendre pour aller faire un ravito à la ville d’à côté (Benasque), puis l’horaire de l’épicerie du camping : décidément, impossible de partir de ce fabuleux camping !

Mais aujourd’hui, il faut bien se remettre en route, pour une seconde journée sur un GR 11 qui s’annonce bien morose sur la matinée : piste forestière à gogo. A noter qu’il est possible de prendre un minibus, moyennant quelques euros, pour monter jusqu’au refugio Coronas et s’épargner six ou sept kilomètres de pistes. A partir de là, le chemin redevient d’ailleurs beaucoup plus sympa. 

Ensuite, la journée devient vraiment belle ! Je croise un peu de monde, mais le paysage est splendide, très minéral, et l’étape réputée difficile pour le GR est plutôt sympa. On passe notamment par l’un des points les plus hauts du GR 11, au Collado de Vallibierna (2729 m). Quelques randonneurs appellent même leurs familles ou amis en visio pour célébrer le passage !

La descente est ensuite plutôt raide et casse-patte vers le Refugi Cap de Llauset, qui détonne dans cet environnement très sauvage avec son architecture futuriste. La terrasse y est agréable et on peut y acheter quelques produits de base. Quelques emplacements de bivouacs sont disposés autour du lac (mais pas beaucoup, il vaut mieux arriver tôt car sinon il n’y a que de la caillasse partout), mais je décide de pousser jusqu’à la cabane d’Anglios. J’y rencontre deux HRPistes qui ont comme moi décidé de contourner les étapes autour du Portillon. On discute un moment puis je décide de poser ma tente en contrebas, au bord du bel Estany Gran d’Anglios.

HRP jour 17 : du camping El Forcallo au camping Aneto

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Aujourd’hui s’annonce une journée pleine de décisions ! Je me lève en grande hésitation quant à mon itinéraire du jour. 

Premier choix : suivre la HRP et aller voir du côté du Refuge de la Soula, puis du lac du Portillon, du Col des Gourgs Blancs et du col de Litérole. Des étapes mythiques de la HRP, celles réputées les plus dures mais aussi parmi les plus belles ! J’hésite énormément car j’ai peur de passer à côté des sections les plus “hautes montagnes” de la traversée, mais que je me sens depuis une bonne semaine en petite forme et que je redoute un peu de faire cette section entièrement seule. Le second choix, peut être plus rationnel mais beaucoup moins excitant, est de descendre sur le GR11 le temps de faire quelques étapes plus simples, avant de rejoindre la HRP en amont du Parc National d’Aigüestortes.  

Après une bonne demi-heure d’hésitation, à l’endroit où les deux sentiers se séparent, je décide de faire un détour par le GR. Je ne suis pas en forme, j’appréhende trop de traverser ces étapes en solitaire pour pouvoir y aller sereinement, et je n’ai aucune envie de passer les trois prochains jours en stress total ! Tant pis, ça fera une raison de plus pour revenir !

Je chemine donc tranquillement sur le GR, qui passe par le joli refuge d’Estos, en essayant de deviner derrière les sommets côté français le cheminement de la HRP. La descente dans ce joli vallon est très paisible, et le sentier passe à côté de plusieurs belles cascades. Les quelques derniers kilomètres avant d’atteindre la camping Aneto, où j’ai prévu de dormir, sont sur une piste forestière sans charme particulier mais l’arrivée au camping est grandiose : il y a non seulement une petite épicerie (très bien achalandée pour les randonneurs), mais même une pizzeria et une piscine ! A 16 euros le micro-emplacement, ça me semble un peu cher mais je suis très heureuse de goûter au luxe de la piscine !

HRP jour 16 : de la Cabane de Barrosa au camping El Forcallo

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J’ai bien profité de ma jolie cabane, mais malheureusement j’ai encore une fois très mal dormi ! Je sens dès le réveil que la journée va être longue… 

Je descends rapidement jusqu’à la route, que j’avais prévu de longer pour aller jusqu’à Parzan me ravitailler, mais je croise deux HRPistes dans le sens inverse qui me recommandent sérieusement de faire du stop : aucun passage n’est aménagé le long de la route pour les randonneurs, donc il faut soit se frayer un passage dans les broussailles sur plusieurs kilomètres, soit marcher “côté voitures”, qui sont limitées à 80 ! 

Le stop prend difficilement et j’attends bien 45 minutes avant de trouver quelqu’un pour m’amener jusqu’à Parzan. Le premier supermarché au bord de la route, “Solans” est correct pour y faire des petites courses même s’il est plutôt conçu pour les touristes frontaliers (beaucoup d’alcool et de tourons) que pour les randonneurs. J’y fait l’erreur d’acheter beaucoup trop de choses, et me retrouve avec un sac blindé au max pour reprendre la montée vers le paso de los Caballos. 

Le topo de Marie Millet décrit cette section comme interminable, et effectivement ça a été mon impression ! Si je devais le refaire, je ferais certainement le détour via Bielsa puis le collado de Pardinas : on me l’a chaudement recommandé à plusieurs reprises !

Cela dit, une fois arrivé au paso de los Caballos, la descente vers la vallée est des plus agréables. Je ne croise pas un chat, mais encore une fois de nombreux isards ! Le bivouac est officiellement interdit je crois (mais on peut peut-être poser la tente incognito tard, il y a plein de jolis endroits où s’installer) et il y a quelques cabanes (qui peuvent dépanner sans être des plus accueillantes) sur le chemin. Faute de me décider pour un spot de bivouac, j’arrive en fond de vallée et décide de me rabattre sur le camping “El Forcallo”. Bonne surprise, j’y recroise plusieurs HRPistes croisés en début de traversée, et on passe une soirée très sympa !

HRP jour 15 : de l’Auberge du Maillet à la Cabane de Barrosa

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Après une journée de repos la veille, je m’élance de bon matin sur la HRP avec l’idée de dormir quelque part entre les lacs de Barroude et Parzan ce soir. Pour la première fois de la traversée, une petite flèche “HRP” indique le chemin, du côté de la chapelle de Héas. La montée vers la hourquette de Héas se fait très facilement et sans que je croise personne. J’y fais une petite pause pour profiter de la vue : le passage est joliment découpé dans la roche, et la vue des deux côtés est splendide. 

Une petite heure plus tard, j’atteins la hourquette de Chermentas qui est un peu plus fréquentée, même si on reste bien loin des foules de Gavarnie, Estaubé et Troumouse. L’ambiance redevient plus sauvage ! Le chemin qui mène aux lacs de Barroude est charmant, serpentant en balcon le long de belles falaises. Si je n’y croise aucun randonneurs, je fais la rencontre d’une bonne vingtaine d’isards !

L’arrivée au lacs de Barroude est magnifique, et je suis bien heureuse d’avoir poussé jusque là ! J’avais un peu hésité à rejoindre l’Espagne plus tôt en passant par la brèche de Tuquerouye ou par le Port neuf de la Pinède depuis le cirque d’Estaubé, mais les falaises surplombant les lacs sont si belles que je suis ravie d’être ici ! A noter que ces deux passages sont bien empruntables (et réalisés par plusieurs HRPistes croisés plus tard), contrairement au passage au col de la Munia apparemment assez craignos. 

Il y a largement de quoi bivouaquer sur les bords du lac, et d’ailleurs évidemment certains ont déjà plantés la tente à 15h, mais je décide de pousser un peu et de dormir à la cabane de Barrosa, quelques kilomètres plus bas après avoir basculé en Espagne. J’ai de la chance, personne d’autre ne s’y arrête et je l’ai donc à moi seule pour la nuit !